Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

Les dix mots d'un confinement bien aéré

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-dis-moi-dix-mots-qui-ne-manquent-pas-dair

Les dix mots de 2021 :

Aile (nom)
Allure (nom)
Buller (verbe)
Chambre à air (nom)
Décoller (verbe)
Éolien (adj.)
Foehn* (nom)
Fragrance (nom)
Insuffler (verbe)
Vaporeux (adj.)
 

*Foehn :nom masculin 

1. Vent chaud et sec des Alpes suisses et autrichiennes.
2. FRANÇAIS DE SUISSE ; Sèche-cheveux.
- VAR. Föhn

 

Confiné à résidence, dans ma chambre à air, comme chaque soir après ma douche, je mettais en marche mon foehn qui insufflait, à la surface de mon masque, des fragrances plus subtiles que celles confinées entre sa face interne et ma molaire du fond.

Tel un éolien, je décollais d'abord à faible allure pour atteindre ma vitesse de croisière au dessus des Alpes suisses et m'apprêtais à buller un moment sur un petit nuage vaporeux. lorsque sur mon aile gauche un drone gouvernemental me prit en chasse et me  rappela qu'il fallait rentrer à 19 heure et ne pas dépasser un rayon de 10 kilomètres.

Tel un Icare, ma chute sur le carrelage du salon fut terrible...Il allait vraiment falloir que je change ce foutu canapé.

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

 

Le RER roulait depuis trois heures déjà lorsque ses roues se mirent à crisser et les flans des wagons à vibrer. Le train s'arrêta définitivement, hors service sur un quai de banlieue.

- Il ne manquait plus que ça, s'écria le financier, dans deux heures je dois être à l'opéra de Pithiviers !

- On s'en bat les chouquettes lui répondit le baba cool affalé avec sa bouteille de rhum dans le couloir comme s'il était dans le boudoir de sa maison bourgeoise en Forêt Noire.

Ne nous énervons pas, ce n'est rien qu'un orage, un éclair a dû endommager un caténaire, lançait une bretonne en piquant son phare. tandis que la tarte à Tatin, son voisin, lui coulait sur les genoux.

- N'empêche qu'on est encore chocolat reprit Charlotte en pensant au retard occasionné.

- La ferme, hurla l'énorme polonaise en se levant. Le premier qui dit un mot, je lui brise la patte !

Un silence à glacer le sucre dans le sang d'un diabétique s'ensuivit aussitôt.

Au bout du couloir, une religieuse confortablement installée dans ses chaussons aux pommes, priait silencieusement Saint-honoré en lisant une espèce de livre à plus de mille feuilles qui ressemblait à s'y méprendre à une bible très ancienne. La situation était tendue et cerise sur le gâteau, la pluie cinglait les vitres du wagon.

- On se croirait dans le Paris-brest murmura à qui voulait l'entendre Mac Haron qui pensait détendre un peu l'atmosphère.

- Toi, le gland, la ferme, con comme tu es, tu ne deviendras jamais un chêne, éructa le financier.

 

Sans prévenir, le train reprit sa route jusqu'à la gare de l'Est où une choucroute les attendait..

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

 

Renaître冬が来た 

ティーポットとして強い 

 

ホットティースチーム 

 

 

L'hiver est bien là

 

solide comme une théière

 

vapeur de thé chaud

 

                                                     Margi

 

 

Portrait de Bashô par Busson 1716-1783

 

 

 

L es semaines ressemblaient à des mois et les jours à un long dimanche d'ennui. Le temps, confiné au fond d'un tube à essais plus ou moins réussis, ne s'écoulait plus. Dans le sablier resté immobile, chaque grain de sable remplaçait l'huile devenue inutile. Les pignons grinçaient mais comme à chaque lever du soleil, une journée recommençait. J'avais une heure pour marcher dans les rues désertes ou les masques s'affichaient pour mieux tapisser les trottoirs de la ville. Je perdais peu à peu de mon humanité, j'errais sans but sinon celui de ne pas dépasser l'heure du couvre-feu. Je promenais avec moi cette petite voix silencieuse qui me disait encore la beauté des choses. De ces choses qui reviendraient sans doute.

Toute une vie d'après pour reconstruire celle d'avant.

Tout est toujours à recommencer.

 

 

Par la petite fenêtre

on voit

un peu la mer

                                             

Basho 1644-1694

 

 

 

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

L'étranger

 

 Vers là

 Par ici

Ailleurs

 Autre part

 

Autre part de soi

 A la recherche de ses origines

 On creuse la terre

 Pour y planter ses racines

 On arrose pour se dire que c'est ici

 

Vers là

 Par ici

 Ailleurs

 Mais pas autre part

 

 Planté dans le décor

 Doucement on s'endort

 On regarde les nuages qui passent

 

Vers là

 Par ici

 Ailleurs

 

Puis un jour

 De ses racines on se débarrasse

 Pour suivre les nuages qui passent...

   

Vers là,

 Par ici

 Ailleurs

 

       

               Texte réalisé pour mil et une

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

 

On me demande de conjuguer au no futur

les verbes espérer et devenir ?

Je sèche !

 

Avez-vous un Bescherelle plus récent ?

le mien est une vieille édition de 1990  BC 19*

 

*BC before Covid 19

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

Les derniers poètes

 

 

Tandis que le fleuve roulait ses ordres moraux, arrachant aux rives instables, ses derniers lambeaux de dissidence, un vent libéral avait pris en force. Des rafales teigneuses arrachaient au libre arbitre ses derniers remparts, pour les disperser à travers les champs d'honneur.

 

Au milieu des eaux brunes se noyaient les derniers esprits éclairés. Leurs poumons s'emplissaient de la pensée unique à laquelle ils ne pourraient survivre.

 

Une lune blafarde crevait avec peine un ciel qui s'embrunissait peu à peu, jusqu'à se fondre avec les eaux fangeuses du fleuve.

 

Sur la rive, quelques poètes luttaient encore contre le déracinement. Ils se risquaient malgré le vent, à graver sur l'écorce des arbres à palabre, le mot Liberté. Mais la pointe émoussée de leur plume refusait toutes empreintes.

 

Le vent passa son dernier coup d'éponge et la Terre devint toute propre.

 

En contrebas, l'argent sale honora la fondation d'un village aux maisons toutes blanches et identiques. 

 

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

Futur antérieur

Je suis parti de presque rien

D'un tout p'tit bout d'instinct

Celui qui pousse vers demain

Vers des chemins incertains

Alors, je suis monté dans le train

Sans penser à rien

A rien surtout qui puisse faire avancer le train

Futur déjà compromis à un avenir défunt

J'ai poussé un peu les wagons

Pour donner l'impression

Que d'un p'tit mouvement

Même très lent

J'aurai la vision

D'un futur encore présent

 

Les wagons s'ébranlent glacés

Sur des rails à moitié rouillés

Qui n'iront jamais plus loin

que le bout de mon nez

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

Carnet démo

 

Car nait toujours un mot

D'un printemps nouveau

Dans le chant d'un oiseau

 

Les mots s'invitent

Au bal de l'incipit

C'est là que tout se précipite

Un stylo

Vite

Même à plume s'il le faut

Faut pas qu'ils s'en aillent

Ces mots

ces canailles

Ils s'agitent

Ils veulent une histoire

Même très noire

Avec un stylo à pompe

Qui tire à l'encre de  Chine

ou d'ailleurs

 

Il faut la jouer fine

Pour que les mots s'assemblent sur une seule ligne

 

Mais quand le stylo désarme

Quand la phrase rend l'âme

Le poète est en larmes

C'est la défaite

La Liberté s'en est allée

Aussi le poète

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

Le monde d'après

 

 

Dans le silence et l'oubli

La vie d'avant se flétrit

Elle s'étiole

s'efface de l'histoire

Sans même une auréole

Une onde d'espoir

Dans l'eau d'un brouillard

Qui nous laissera longtemps hagard

 

Dans le bruit et la fureur

La vie d'après déjà  transparait

Entourée de babioles

Elle fait ses cabrioles

Elle façonne son histoire

Mais s'affole dans le noir

 

Le temps est compté

Il faut consommer

Se bâfrer

Oublier la planète

Courbée dans la tempête

C'est ça il parait

Le monde d'après

Voir les commentaires

…
Publié le par margimond

Un matin presque ordinaire

Image Internet

 

Posées sur le sol

les mains attendent

Le gel hydroalcoolique

 

Posés sur les rails

les trains attendent

Les voyageurs angoissés

 

Ils avancent masqués

Emplissent les quais

Dans le petit matin gris

 

Ainsi va la vie

Elle reprend son cours

Jusqu'au bout de la nuit

 

Texte réalisé pour mil et une 

Voir les commentaires

…
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>