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Le temps ne compte pas
Il ne réclame, ni ne donne
Il passe
Sans traces de pas
Avec son aire de rien
Voyage en Dévoyage
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Le temps ne compte pas
Il ne réclame, ni ne donne
Il passe
Sans traces de pas
Avec son aire de rien
Quand tout à commencé, nous étions depuis longtemps, déjà, sur le fil du rasoir. Il suffisait d'une petite chiquenaude pour que tout bascule. Donc, tout bascula. Comme une tartine beurrée livrée à elle même et aux lois de l'apesanteur, ça sera le côté beurré qui touchera le sol. Nous en étions là ! Pas grave me direz-vous, il suffit seulement de ramener la tartine à la raison... et sur la table, puis, essuyer le beurre étalé sur le sol et continuer son petit déjeuner, comme si rien ne s'était passé.
Ce n'est pas d'une tartine beurrée dont il s'agit, mais de notre propre futur. Nous ne pouvons indéniablement plus faire l'impasse sur ces instants quand le chaos s'emparera de nos destins. S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un, quelque part, pour emprunter ce chemin. Sans nous en inquiéter outre mesure, nous le savions déjà, mais l'histoire du passé ne fait pas l'avenir.
La fonte des glaces, les incendies, les inondations, les virus, le bruit des bottes, l'économie libérale échevelée et ivre de profit et de haine, tout cela baigne déjà dans une soupe primordiale, nous ramenant à notre condition de poussières d'étoiles.
Il est bien tard pour appuyer sur le bouton pause, rembobiner au maximum et tenter de recommencer.
Qui dirigera ce chaos, le hasard ou la nécessité ?
Je peux être le vide, celui qui comble le plein quand il n'y a plus rien, quand il est vide.
Je vide ce qui est sensé avoir du sens. Je fais ensuite le plein des sens jusqu'à l'horizon prochain.
Je peux être le plein qui sonne creux lorsqu'il est vide.
Je peux être la matière qui s'étend polymorphe aux confins de l'univers et qui se tend vers presque rien pour devenir le Tout.
Je me perds et réapparais au milieu du chaos.
Je suis celui qui n'est pas encore
S'assoir, regarder, noter...
Ciel gris, température au sol 17°, vent d'Ouest modéré à faible, faiblissant Ouest Nord-est, pression atmosphérique 1024 mb avec tendance en hausse. Tout semblait calme. On entendait même les clochettes tintinnabuler.
Soudain, tout s'agite autour de la fontaine, sans poisson rouge et sans eau.
Des hommes assis sur un banc se souviennent, racontent un pays où ils ne sont plus. Saudade improvisée.
Les voitures tournent autour de la place comme des poissons rouges, s'il y avait eu de l'eau à la fontaine. Elles ne font jamais plus d'un tour, souci d'économie sans doute ?
Le temps passe, quelques passants aussi... sans jamais arrêter le sablier.
On dirait le Sud.
Sur cette petite place bien tranquille allait se dérouler un drame. Si je n'avais pas été devin, je ne l'aurais jamais deviné.
Un petit couple qui se croyait à Venise plumait les pigeons qu'ils attrapaient au vol, tandis qu'un homme, accroché à son portable, insensible aux hurlements des volatiles, avait oublié la réunion du soir.
- Enfin, un peu de temps libre pensa t-il.
Il proposa son aide au jeune couple.
- A trois, ça ira plus vite.
Les pigeons continuaient d'arriver en vagues serrées vers un destin qu'ils n'avaient même pas imaginé, quelques instants auparavant, d'où l'avantage incontestable d'être un peu devin.
- Regardez cria l'homme libre, on peut même les plumer sans les occire. On gagne un temps fou !
- Il se prend pour Dieux ou il se la pète! rétorqua la jeune fille tout en plumant vif son douzième pigeon.
Au milieu de la place, près de la fontaine sans poisson rouge et sans eau, un volatile sans plume songeait à sa vie d'antan...
Sans le savoir, il allait bientôt devenir l'oiseau de paradis de mon petit village.
C'est je
c'est tu
c'est nous
C'est pas facile
Parce que c'est pas facile
C'est difficile
Voire très difficile
C'est même devenu impossible
Parce que c'est impossible
C'est pas faisable
C'est bien
C'est très bien
Rien à faire donc
C'est dit
Et tout est dit
C'est bien dit
C'est même brillamment dit
Parce que c'était pas facile à dire
Et je l'ai dit !
C'est en allant rendre visite à mes enfants à Villeurbanne que cette histoire m'est venue. De plus ils venaient de m'offrir cette excellente bande dessinée : 1984 de George Orwell et de Xavier Coste aux éditions Sarbacane... Il n'en fallu pas plus.
Un jour pousse l'autre
Entre les deux, la nuit
juste pour l'oubli
Perdus dans la ville
Ou les tours se dressent
Étouffantes de paresse
Prisons sans compassion
Germes de la consommation
Église de la pensée unique
ILS marchent dans la cité
Ignorant tout de leur cécité
C'est en voyant passer une étoile filante dans le ciel étoilé, qu'il m'est venu l'idée de faire un vœux.
Je dois dire que ça tombe à point nommé, nous sommes le premier jour de 2024. Mais ce n'est pas un vœux qu'il me faut, c'est une promesse. Un vœux, c'est pratique, ça se réalise tout seul. Une promesse, il faut quand même s'y tenir... c'est une grosse dépense d'énergie en ces temps où il faut éviter les empreintes carbone trop importantes.
2023, avec son cortège de projets et de promesses non tenues, c'était quand même 4,4 tonnes de CO2 par personne, c'est énorme.
Cette année, c'est décidé, je vais limiter à quelques kilogrammes.
j'aimerais écrire, tient, c'est écolo, ça !
Ecrire quelque chose, oui, mais quoi ?
Un journal intime ?
Voilà un beau projet pour une année en devenir !
Le carnet, il m'attend depuis 8 ans dans le tiroir. Quant au stylo, il est sec. Une belle occasion pour reprendre la plume d'oie. A l'ancienne ! Evitons, quand même, l'encre de Chine.
Je pourrais y noter toutes sortes de promesses et comme il est intime, personne n'ira voir si elles ont été tenues.
Il faut que je réfléchisse autour de ça… J’ai encore le temps, nous ne sommes pas encore en 2025. En attendant, je vais en profiter pour vider mes poubelles… l'oie, du jour de l'an, commence à sentir mauvais.