Voyage en Dévoyage
Images du film de Charlie Chaplin : Les temps modernes
Se lever matin et repousser ses rêves
Être dans un même lieu froid et sans âme
Accomplir la tâche pour laquelle on est conditionnée
Essayer de se persuader qu’elle est vraiment indispensable
Avoir envie de tout casser
Puis
Se coucher et reprendre le cours de ses rêves qui reviennent doucement
Puis
Se lever matin et les repousser à nouveau...
- Je m'appelle John Doe, m'avait-il dit.
Force est de constater que ce nom lui convenait tout à fait, "de ceux qu'on retrouve mort, un jour, sans que personne ne réclame le corps, sans qu'on sache vraiment qui il était et d'où il venait".
Taille moyenne, âge moyen, physique moyen. Tout chez lui, reflétait la banalité, même sa tenue qui savait se confondre dans tous les milieux qu'il traversait. Il était passé dans la vie en toute discrétion... Personne d'ailleurs ne l'avait vu passer, il ne manquait à personne.
Il était de ces personnages doué d'une forme de mimétisme, impossible à cerner tant ces yeux vides d'expression vous ramenaient toujours à votre propre image, une espèce de miroir sans fin qui était là, face à vous, et qui vous faisait oublier sa présence.
- Je ne suis pas d'ici, m'avait-il confié de sa voix monocorde. Je suis un artiste, ma mission sur Terre : peindre des humains.
Texte inspiré de l'image ci-dessous, proposée par l'atelier d'écriture en ligne
N’hésitez pas, passez par là !
Une photo, une contrainte nouvelle, tous les samedis.
Il est parfois trop tard lorsque l'irréparable est commis. Même le pied d'une biche peut avoir un pouvoir destructeur sans égal disait Freud.
Dans un hurlement à déchirer la nuit, à fendre l'âme d'un officier de justice, l'huisserie rendit son dernier souffle.
Dans un dernier râle, avant que sa serrure ne tombe à terre, elle me confia :
- La clef... elle était... dans la poche arrière droite de ton pantalon... arrrrgggh...
Je ne suis pas très bon critique littéraire... Mais pour tout dire, j'ai eu la chance d'être à la dédicace du dernier livre de Thierry Moral (son blog) et de son ami illustrateur, Bertrand Arnould. Ça se passait dans une toute petite librairie parisienne, "l'autre Livre". Une librairie comme je les aime. "L'autre livre" c'est aussi le nom d'un association qui s’attache à résister à la marchandisation du livre et défend l’exception culturelle, la pluralité et la diversité... En d'autres termes, ce n'est pas un dépôt de livres
. Comme j'y suis arrivé trop tôt, j'ai été accueilli avec gentillesse (et avec un p'tit café) par "la maîtresse des lieux". Thierry est arrivé peu de temps après. On a pu faire connaissance...et oui, on ne s'était jamais vu, Thierry ne me connaissait que par mon pseudo. L'après midi, Thierry nous a présenté son livre : Au fond de la librairie, juste une niche, un collier et une laisse... Thierry est arrivée sur cette petite scène improvisée, il est monté sur le toit de sa niche puis, il nous a conté et théâtralisé l'histoire d'une vie de chien. Instant magique !
Un grand bravo à Thierry pour son talent (plutôt ses nombreux talents) et sa gentillesse. je le remercie également pour cette belle journée. pleine de riches rencontres.
récit inspiré du film Swagger*
Je vis dans une de ces maisons-tour, une maison que personne ne souhaite habiter, pas même les architectes qui les ont imaginées un jour, du haut de leurs plus bas instincts. Chez moi, le soleil n'entre que par effraction et lorsque je regarde par la fenêtre, je vois la dalle, tout en bas, si froide, si attirante. J'ai souvent envie de m'y jeter, ça serait tellement facile, tellement plus rapide que cet ascenseur hors service depuis si longtemps. Ici, le temps ne se mesure plus, il passe. On ne sait jamais quand il revient, on l'attend, accoudé au balcon.
J'ai le privilège d'habiter le 16e, il n'y a plus rien d'autre que le ciel azuré au dessus de ma tête, même si parfois quelques rares vols d'oiseaux osent encore survoler ma maison-tour.
De sacrés swaggers ces oiseaux, quand même, comparés à tous ces clones en Nike qui arpentent la dalle.
* Le terme Swag ou Swagg vient à l’origine du terme ‘Swagger’ en anglais qui signifie globalement « la manière de se présenter au monde avec confiance et avec style ». C’est la sophistication du style vestimentaire associé à une attitude « cool ».
Être « un Swagger » ou « être Swag » est une façon de se comporter et d’apparaitre au monde d’une manière qui génère du respect au sein de votre entourage.
Le terme Swagger a longtemps été utilisé dans le quartier noir américain entre la fin des années 70 et le début des années 90. Le terme est réapparu depuis les années 2000 en étant popularisé par certains rappeurs d’Atlanta et de Houston.
Le Swag est par définition la résultante de l’association d’une attitude décalée et d’un look différent qui vous permet d’être perçu par votre entourage comme une personne à part, autant par votre comportement atypique que par votre style avant-gardiste ou décalé.
18 janvier 2016
Selon la très sérieuse étude du Science Advances, 60 % des espèces de primates sont en danger d’extinction en raison d’activités humaines. 75 % des populations accusent déjà un déclin.
Les singes pourraient disparaître d’ici vingt-cinq à cinquante ans.
14 mars 2052
Élancé de branches en branche, il avait atteint le sommet de la canopée où je m'étais installé. Il était venu m'annoncer l'extinction du dernier humain sur terre.
Laissant errer mon regard sur l'immensité de cette forêt, serein, je prenais conscience du chemin qu'il nous restait encore à parcourir...
Texte inspiré de l'image ci-dessous, proposée par l'atelier d'écriture en ligne
N’hésitez pas, passez par là !
Une photo, une contrainte nouvelle, tous les samedis.
J'y vais, j'y vais pas...
Je marche sur un fil, une balle en équilibre sur ma tête, tandis que mon cœur et ma raison balancent.
"Je suis sûr, il y a un accent circonflexe sur le "i" de cime"... C'est la dernière phrase dont je me souvienne.
Ma raison contrôle encore les battements de mon cœur qui ralentissent doucement.
J'ai peur comme un enfant.
J'y vais, j'y vais pas.
Tenir et pourquoi ?...
Envie de dormir...
Ma vision s'embrouille.
Un voile rouge devant mes yeux.
J'ai froid.
La balle n'est pas en équilibre sur ma tête.
Elle est dans ma tête.
Je savais ma prof intransigeante sur le bon usage des mots, mais pas au point de faire feu.
Le fil sur lequel je marche maintenant a déjà presque disparu.
L'abîme se rapproche. Y retrouverai-je au moins l'accent de la cime ?