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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

 

Sur la place de mon village

S'assoir, regarder, noter...

Ciel gris, température au sol 17°, vent d'Ouest modéré à faible, faiblissant Ouest Nord-est, pression atmosphérique 1024 mb avec tendance en hausse. Tout semblait calme. On entendait même les clochettes tintinnabuler.

Soudain, tout s'agite autour de la fontaine, sans poisson rouge et sans eau.

Des hommes assis sur un banc se souviennent, racontent un pays où ils ne sont plus. Saudade improvisée.

Les voitures tournent autour de la place comme des poissons rouges, s'il y avait eu de l'eau à la fontaine. Elles ne font jamais plus d'un tour, souci d'économie sans doute ?

Le temps passe, quelques passants aussi... sans jamais arrêter le sablier.

On dirait le Sud.

Sur cette petite place bien tranquille allait se dérouler un drame. Si je n'avais pas été devin, je ne l'aurais jamais deviné.

Un petit couple qui se croyait à Venise plumait les pigeons qu'ils attrapaient au vol, tandis qu'un homme, accroché à son portable, insensible aux hurlements des volatiles, avait oublié la réunion du soir.

-  Enfin, un peu de temps libre pensa t-il.

Il proposa son aide au jeune couple.

-  A trois, ça ira plus vite.

Les pigeons continuaient d'arriver en vagues serrées vers un destin qu'ils n'avaient même pas imaginé, quelques instants auparavant, d'où l'avantage incontestable d'être un peu devin.

-  Regardez cria l'homme libre, on peut même les plumer sans les occire.  On gagne un temps fou !

-  Il se prend pour Dieux ou il se la pète! rétorqua la jeune fille tout en plumant vif son douzième pigeon.

Au milieu de la place, près de la fontaine sans poisson rouge et sans eau, un volatile sans plume songeait à sa vie d'antan...

Sans le savoir, il allait bientôt devenir l'oiseau de paradis de mon petit village.

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Publié le par margimond

 

 

 

C'est je

c'est tu

c'est nous

C'est pas facile

 

 Parce que c'est pas facile

 C'est difficile

 Voire très difficile

 

C'est même devenu impossible

 Parce que c'est impossible

C'est pas faisable

 C'est bien

 C'est très bien

 Rien à faire donc

 

C'est dit

Et tout est dit

C'est bien dit

C'est même brillamment dit

Parce que c'était pas facile à dire

 

Et je l'ai dit !

 

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Publié le par margimond

 

La grande vile

C'est en allant rendre visite à mes enfants à Villeurbanne que cette histoire m'est venue. De plus ils venaient de m'offrir cette excellente bande dessinée : 1984 de George Orwell et de Xavier Coste aux éditions Sarbacane... Il n'en fallu pas plus.

 

Un jour pousse l'autre

 

Entre les deux, la nuit

 

juste pour l'oubli

 

Perdus dans la ville

 

Ou les tours se dressent

 

Étouffantes de paresse

 

Prisons sans compassion

 

Germes de la consommation

 

Église de la pensée unique

 

ILS marchent dans la cité

 

Ignorant tout de leur cécité

 

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Publié le par margimond

Bris de glace

 

J’ai enfin brisé la glace

 

Qu’il y avait entre toi et moi

 

 

 
 

 

 

 

 

 

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Publié le par margimond

Le nouvel Han !

C'est en voyant passer une étoile filante dans le ciel étoilé, qu'il m'est venu l'idée de faire un vœux.

Je dois dire que ça tombe à point nommé, nous sommes le premier jour de 2024. Mais ce n'est pas un vœux qu'il me faut, c'est une promesse. Un vœux, c'est pratique, ça se réalise tout seul. Une promesse, il faut quand même s'y tenir... c'est une grosse dépense d'énergie en ces temps où il faut éviter les empreintes carbone trop importantes.

2023, avec son cortège de projets et de promesses non tenues, c'était quand même 4,4 tonnes de CO2 par personne, c'est énorme.

Cette année, c'est décidé, je vais limiter à  quelques kilogrammes.

j'aimerais écrire, tient, c'est écolo, ça !

Ecrire quelque chose, oui, mais quoi ?

Un journal intime ?

Voilà un beau projet pour une année en devenir !

Le carnet, il m'attend depuis 8 ans dans le tiroir. Quant au stylo, il est sec. Une belle occasion pour reprendre la plume d'oie. A l'ancienne ! Evitons, quand même, l'encre de Chine.

Je pourrais y noter toutes sortes de promesses et comme il est intime, personne n'ira voir si elles ont été tenues.

Il faut que je réfléchisse autour de ça… J’ai encore le temps, nous ne sommes pas encore en 2025. En attendant, je vais en profiter pour vider mes poubelles… l'oie, du jour de l'an, commence à sentir mauvais. 

 

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Publié le par margimond

 

l'ange pour Bébé

 

 J'ai toujours aimé collectionner les os s'écria la professeure de sciences naturelles assise sur son bureau, le ventre arrondi par l'enfant à venir.  

 

Nous connaissons ta valeur dit l'ange de la mort qui revenait doucement à la vie en remontant les marches et son pantalon, lentement,  à reculons, sans la quitter des yeux.  

 

Faut dire qu'elle était bien en chaire la prof.  

 

Elle était prête à perdre les os. Un sacrifice qu'elle faisait volontiers, croyant, suite à une glissade sémantique sans dommage corporels fort heureusement, qu'il était l'ange de l'amor. le cœur a ses raison que la raison ignore aurait dit Pascal qui terminait juste son traité sur le vide avant d'inventer la presse hydraulique. 

 

Lorsque je suis arrivé dans sa salle de classe, elle éprouva une grande joie à n'être plus seule. Nous étions désormais assis l'un en face de l'autre, lorsque  l'un des anges, exterminateur, celui-là, me tint en joue avec un revolver en plastique... la tension était palpable. 

 

Il était temps de partir me dis-je, quitter ce monde un peu fou. J'ouvris mon parapluie, l'air de rien s'y engouffra, je quittais enfin le sol sans passer par la et pus ainsi, sans perdre la clef, revenir à mon état initial.

 

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Publié le par margimond

Tempus fugit

  Dans la salle des pas perdus

Les aiguilles coupent l’espace taillé dans la masse

De la matière qui sombre

Sans rien d’autre faire  que de l’ombre

La grande aiguille n’a rien à perdre, pas même une minute

Elle tourne comme elle peut

Elle entraîne la petite qui s’efforce de prendre son temps

Sous les yeux de Chronos

Déguisé en Atropos

C'en est assez de ce monde de cinglés

Il est temps de briser le verre

Et continuer en prose

La perte d'un temps

que les moins de vingt ans...

Non, j'avais dit en prose

 

La suite, la voici :

Les deux aiguilles coulèrent des jours heureux

Dans la fraîcheur d'une clepsydre

On dit que depuis, Chronos s'est jeté au fond d'un sablier et que jamais le temps n'aura paru si long 

 

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Publié le par margimond

L'âge du capitaine

C'est complexe

Quand ça balance un vortex

Dans une cuvette en plastique

Rongée par la mer

Même pas marrant

pour un catamaran

Enfermé dans l'océan

Impossible d'évaluer l'âge du capitaine

Sans tomber sur son croque-mitaine

Ce maudit Kraken

Ce septième continent

Qui grandit au fil des ans.

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Publié le par margimond

Visionnaire

 

7 allumettes dans une boîte

Allumées une à une

La première pour sortir de la nuit

La seconde pour éclairer les consciences

La troisième pour que demain ne ressemble plus jamais à hier

Les quatre autres pour faire griller les brochettes.

 

 

Sur une idée de Jacques Prévert  (1900-1977)

Poème Paris at night du recueil Parole

 

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Publié le par margimond

Viva el toro

 

Renvoie l’ascenseur à mon ami hurle le député, du haut de l’arène, au liftier dépité qui pressa le bouton vert. Le toréador qui avait jadis favorisé l’élection du dit député vit la porte s’ouvrir… nul ascenseur… juste un trou sombre d’où jaillit le taureau.

Mort alité (le toréador) : mate à mort la porte de l'ascenseur avant de le renvoyer.

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