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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

 

l'ange pour Bébé

 

 J'ai toujours aimé collectionner les os s'écria la professeure de sciences naturelles assise sur son bureau, le ventre arrondi par l'enfant à venir.  

 

Nous connaissons ta valeur dit l'ange de la mort qui revenait doucement à la vie en remontant les marches et son pantalon, lentement,  à reculons, sans la quitter des yeux.  

 

Faut dire qu'elle était bien en chaire la prof.  

 

Elle était prête à perdre les os. Un sacrifice qu'elle faisait volontiers, croyant, suite à une glissade sémantique sans dommage corporels fort heureusement, qu'il était l'ange de l'amor. le cœur a ses raison que la raison ignore aurait dit Pascal qui terminait juste son traité sur le vide avant d'inventer la presse hydraulique. 

 

Lorsque je suis arrivé dans sa salle de classe, elle éprouva une grande joie à n'être plus seule. Nous étions désormais assis l'un en face de l'autre, lorsque  l'un des anges, exterminateur, celui-là, me tint en joue avec un revolver en plastique... la tension était palpable. 

 

Il était temps de partir me dis-je, quitter ce monde un peu fou. J'ouvris mon parapluie, l'air de rien s'y engouffra, je quittais enfin le sol sans passer par la et pus ainsi, sans perdre la clef, revenir à mon état initial.

 

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Publié le par margimond

Tempus fugit

  Dans la salle des pas perdus

Les aiguilles coupent l’espace taillé dans la masse

De la matière qui sombre

Sans rien d’autre faire  que de l’ombre

La grande aiguille n’a rien à perdre, pas même une minute

Elle tourne comme elle peut

Elle entraîne la petite qui s’efforce de prendre son temps

Sous les yeux de Chronos

Déguisé en Atropos

C'en est assez de ce monde de cinglés

Il est temps de briser le verre

Et continuer en prose

La perte d'un temps

que les moins de vingt ans...

Non, j'avais dit en prose

 

La suite, la voici :

Les deux aiguilles coulèrent des jours heureux

Dans la fraîcheur d'une clepsydre

On dit que depuis, Chronos s'est jeté au fond d'un sablier et que jamais le temps n'aura paru si long 

 

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Publié le par margimond

L'âge du capitaine

C'est complexe

Quand ça balance un vortex

Dans une cuvette en plastique

Rongée par la mer

Même pas marrant

pour un catamaran

Enfermé dans l'océan

Impossible d'évaluer l'âge du capitaine

Sans tomber sur son croque-mitaine

Ce maudit Kraken

Ce septième continent

Qui grandit au fil des ans.

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Publié le par margimond

Visionnaire

 

7 allumettes dans une boîte

Allumées une à une

La première pour sortir de la nuit

La seconde pour éclairer les consciences

La troisième pour que demain ne ressemble plus jamais à hier

Les quatre autres pour faire griller les brochettes.

 

 

Sur une idée de Jacques Prévert  (1900-1977)

Poème Paris at night du recueil Parole

 

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Publié le par margimond

Viva el toro

 

Renvoie l’ascenseur à mon ami hurle le député, du haut de l’arène, au liftier dépité qui pressa le bouton vert. Le toréador qui avait jadis favorisé l’élection du dit député vit la porte s’ouvrir… nul ascenseur… juste un trou sombre d’où jaillit le taureau.

Mort alité (le toréador) : mate à mort la porte de l'ascenseur avant de le renvoyer.

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Publié le par margimond

Souffle sans vie

 

 

Souffle chaud sur les mots

 

exsangues, vidés de sens

 

Boursouflé de votre orgueil

 

de votre indécence

 

A bout de souffle

 

Vous chassez les mots

 

Aux couleurs de l'été

 

Trop ringards, trop hors temps

 

Vous décidez de les retourner au néant

 

Mais sachez que souffler n'est pas jouer

 

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Publié le par margimond

Les douze salopards

Image prise sur Internet

Comme Dieu au dernier jour de la semaine, lorsque la lumière et tout le toutim furent installés, je ne demandais rien, ni n'espérais plus grand chose de ce dimanche de merde sinon un peu de repos. Soudain mon écran télé s'éclaira. Une image apparue. Douze salopards s'invitèrent dans mon salon, armés jusqu'aux dents d'une blancheur immaculée qu'ils avaient dû se refaire à grand frais pour l'occasion.

- Désolé les mecs ma bouteille de Label 5 vient tout juste de déclarer forfait.

A peine ces mots prononcés, je me rendormais paisiblement comme Dieu sans doute a dû le faire.

J'appris plus tard dans la soirée, qu'après une guerre sans merci, dix des douze salopards furent massacrés à coup de bulletins de vote. Certains ne résistèrent pas plus de quelques minutes.

Quinze jours pour recoiffer leur égo ébouriffé, les deux des derniers salopards encore en lisse purent enfin s'affronter.

Le soir même j'apprenais qu'un seul avait survécu. Il avait écrasé l'autre au seul poids de son ego. Blessé dans son amour propre par une grande quantité de bulletins nuls et contondants Il fut posé sur le trône de France avec l'interdiction de se lever. D'ailleurs l'aurait-il pu, emmêlé dans ses ficelles de pauvre pantin manipulé.    

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Publié le par margimond

Tanka au bord de l'eau

 

 

Une vieille  pierre

 

Qu'on jette à l'eau

 

Des mains qui s'y accrochent

 

 

Ricochets en surface

 

Doucement le calme revient

 

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Publié le par margimond

Souvenir d'une bouteille à la mer (texte rédigé durant le confinement)

 

 

Le virus avait tout bouffé. j'étais le seul survivant. L'Homme moyen s'était dissout, les lâches comme les héros avaient disparu aussi. Tout était recouvert d'une épaisse couche de silence et de vide. Je pleurais souvent.

 

Internet ne fonctionnait plus. Personne à qui raconter le secret qu'on m'avait confié. Rien n'existait plus autour de moi sinon la nature qui avait retrouvé ses droits et ses devoirs, ceux de faire pousser l'herbe ou jadis l'homme avait recouvert la terre de ciment et de goudron. Obéissant encore à de vieux préceptes n'ayant plus cours, je remplissais une fois par semaine mon attestation de déplacement dérogatoire pour chasser les dernières tranches de jambons sous cellophane dans les magasins éventrés de mon quartier. Je n'avais plus goût à rien, sans doute avais-je moi même été atteint. J'attendais un printemps qui ne viendrait plus.

 

  En cette période où le covid attaquait fort et partout, je m'étais lavé les mains vingt secondes durant avec une pierre ponce avant d'attaquer ma séance de Pilate, lorsqu'on toqua à ma porte. Au début, j'ai cru que c'était moi, mais c'était impossible, puisque j'avais encore les mains sous l'eau.

 

Non. C'était Blanche-neige, elle entra sans frapper, la violence n'avait plus raison d'être. Elle me souffla discrètement à l'oreille que les nains seraient les prochaines proies du Covid.

 

Si vous découvrez cette lettre, peut-être me retrouverez vous, derrière le miroir, à errer à travers la ville fantôme, suivi par tous les nains de jardin. Aujourd'hui, je suis leur chef. On va se révolter !

 

Ce confinement a bien trop duré.

 

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Publié le par margimond

Mon roman : La marquise sortit à 5h...

 

 

La marquise sortit à 5h...

 

Quand l'horloge principale du château, celle au dessus de la marquise de la porte Sud, sonna enfin le déconfinement. Théodore l'agrippa :

 

 - Où vas-tu comme ça dès potron-minet ?

 

- Si on te le demande grand-père, tu leur diras que je suis partie dans la baie des anges. C'est ici que se retrouve toutes les marquises de France et de Navarre. Un peu à la manière des druides qui se réunissent chaque année dans la forêt des Carnutes. Il paraît même qu'Angélique y aurait été aperçue en la compagnie de Madame de Montespan, Madame de Sévigné et bien d'autres encore. 

 

Théodore Agrippa d'Aubigné retourna au château comprenant que sa petite fille devenue une jolie demoiselle lui échappait peu à peu. Il retourna donc à ses poèmes.

 

En vérité, la jeune marquise s'en allait rejoindre un autre poète écrivain: Paul Scarron qui lui fit cette déclaration :

 

Il n'est plus temps de rimailler ;
On m'a dit qu'il faut détaller :
Moi, qui suis dans un cul de jatte ;
Qui ne remue ni pied ni patte,
Et qui n'ai jamais fait un pas,
Il faut aller jusqu'au trépas

 

 

 

La pauvre marquise venait d'échapper au pire, faire quelques pas avec Paul, même tout petits, dans les jardins de sa propriété de Fontenay-aux-Roses. C'en était fini des salons littéraires au cœur de la capitale, des rencontres qui auraient pu lui apporter richesse et gloire. Il ne restait plus que son ambition qu'elle alla confier à son amie la marquise de Sévigné qui la gratifia d'une de ses tirades :

 

Il n'y a qu'à être en Espagne pour ne plus avoir envie d'y construire des châteaux.

 

Forte de ces sages paroles, la marquise concluait que désormais le bonheur ça serait ici et Maintenon !

 

 

 

Sur un incipit aussi banal que "La marquise sortit à 5 heure", comment voulez vous que je fasse un roman !

 

 

 

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