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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

Souffle sans vie

 

 

Souffle chaud sur les mots

 

exsangues, vidés de sens

 

Boursouflé de votre orgueil

 

de votre indécence

 

A bout de souffle

 

Vous chassez les mots

 

Aux couleurs de l'été

 

Trop ringards, trop hors temps

 

Vous décidez de les retourner au néant

 

Mais sachez que souffler n'est pas jouer

 

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Publié le par margimond

Les douze salopards

Image prise sur Internet

Comme Dieu au dernier jour de la semaine, lorsque la lumière et tout le toutim furent installés, je ne demandais rien, ni n'espérais plus grand chose de ce dimanche de merde sinon un peu de repos. Soudain mon écran télé s'éclaira. Une image apparue. Douze salopards s'invitèrent dans mon salon, armés jusqu'aux dents d'une blancheur immaculée qu'ils avaient dû se refaire à grand frais pour l'occasion.

- Désolé les mecs ma bouteille de Label 5 vient tout juste de déclarer forfait.

A peine ces mots prononcés, je me rendormais paisiblement comme Dieu sans doute a dû le faire.

J'appris plus tard dans la soirée, qu'après une guerre sans merci, dix des douze salopards furent massacrés à coup de bulletins de vote. Certains ne résistèrent pas plus de quelques minutes.

Quinze jours pour recoiffer leur égo ébouriffé, les deux des derniers salopards encore en lisse purent enfin s'affronter.

Le soir même j'apprenais qu'un seul avait survécu. Il avait écrasé l'autre au seul poids de son ego. Blessé dans son amour propre par une grande quantité de bulletins nuls et contondants Il fut posé sur le trône de France avec l'interdiction de se lever. D'ailleurs l'aurait-il pu, emmêlé dans ses ficelles de pauvre pantin manipulé.    

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Publié le par margimond

Tanka au bord de l'eau

 

 

Une vieille  pierre

 

Qu'on jette à l'eau

 

Des mains qui s'y accrochent

 

 

Ricochets en surface

 

Doucement le calme revient

 

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Publié le par margimond

Souvenir d'une bouteille à la mer (texte rédigé durant le confinement)

 

 

Le virus avait tout bouffé. j'étais le seul survivant. L'Homme moyen s'était dissout, les lâches comme les héros avaient disparu aussi. Tout était recouvert d'une épaisse couche de silence et de vide. Je pleurais souvent.

 

Internet ne fonctionnait plus. Personne à qui raconter le secret qu'on m'avait confié. Rien n'existait plus autour de moi sinon la nature qui avait retrouvé ses droits et ses devoirs, ceux de faire pousser l'herbe ou jadis l'homme avait recouvert la terre de ciment et de goudron. Obéissant encore à de vieux préceptes n'ayant plus cours, je remplissais une fois par semaine mon attestation de déplacement dérogatoire pour chasser les dernières tranches de jambons sous cellophane dans les magasins éventrés de mon quartier. Je n'avais plus goût à rien, sans doute avais-je moi même été atteint. J'attendais un printemps qui ne viendrait plus.

 

  En cette période où le covid attaquait fort et partout, je m'étais lavé les mains vingt secondes durant avec une pierre ponce avant d'attaquer ma séance de Pilate, lorsqu'on toqua à ma porte. Au début, j'ai cru que c'était moi, mais c'était impossible, puisque j'avais encore les mains sous l'eau.

 

Non. C'était Blanche-neige, elle entra sans frapper, la violence n'avait plus raison d'être. Elle me souffla discrètement à l'oreille que les nains seraient les prochaines proies du Covid.

 

Si vous découvrez cette lettre, peut-être me retrouverez vous, derrière le miroir, à errer à travers la ville fantôme, suivi par tous les nains de jardin. Aujourd'hui, je suis leur chef. On va se révolter !

 

Ce confinement a bien trop duré.

 

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Publié le par margimond

Mon roman : La marquise sortit à 5h...

 

 

La marquise sortit à 5h...

 

Quand l'horloge principale du château, celle au dessus de la marquise de la porte Sud, sonna enfin le déconfinement. Théodore l'agrippa :

 

 - Où vas-tu comme ça dès potron-minet ?

 

- Si on te le demande grand-père, tu leur diras que je suis partie dans la baie des anges. C'est ici que se retrouve toutes les marquises de France et de Navarre. Un peu à la manière des druides qui se réunissent chaque année dans la forêt des Carnutes. Il paraît même qu'Angélique y aurait été aperçue en la compagnie de Madame de Montespan, Madame de Sévigné et bien d'autres encore. 

 

Théodore Agrippa d'Aubigné retourna au château comprenant que sa petite fille devenue une jolie demoiselle lui échappait peu à peu. Il retourna donc à ses poèmes.

 

En vérité, la jeune marquise s'en allait rejoindre un autre poète écrivain: Paul Scarron qui lui fit cette déclaration :

 

Il n'est plus temps de rimailler ;
On m'a dit qu'il faut détaller :
Moi, qui suis dans un cul de jatte ;
Qui ne remue ni pied ni patte,
Et qui n'ai jamais fait un pas,
Il faut aller jusqu'au trépas

 

 

 

La pauvre marquise venait d'échapper au pire, faire quelques pas avec Paul, même tout petits, dans les jardins de sa propriété de Fontenay-aux-Roses. C'en était fini des salons littéraires au cœur de la capitale, des rencontres qui auraient pu lui apporter richesse et gloire. Il ne restait plus que son ambition qu'elle alla confier à son amie la marquise de Sévigné qui la gratifia d'une de ses tirades :

 

Il n'y a qu'à être en Espagne pour ne plus avoir envie d'y construire des châteaux.

 

Forte de ces sages paroles, la marquise concluait que désormais le bonheur ça serait ici et Maintenon !

 

 

 

Sur un incipit aussi banal que "La marquise sortit à 5 heure", comment voulez vous que je fasse un roman !

 

 

 

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Publié le par margimond

Et pitaphe fénénant

 

 

Ci-gît une femme de ménage, née de la poussière divine et qui à force frotter est  demeurée poussière sous une carpette.

 

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Publié le par margimond

 

 

commissariat du 16e arrondissement 17- 11 - 2021- 9h00

 

  • -         L’art, ne peut pas être moderne puisque l’art est éternel grommelait le tailleur de pierres précieuses assis et menotté sur la chaise d'une salle d'interrogatoire.

 

  • -         Je ne vous parle pas de lard, hurla le flic excédé, je veux simplement en savoir plus sur ce trafic de diamants. Parlez, sinon je vous mets en garde à vue !

 

  • -         Que pourrais-je ajouter sinon que je suis un artiste et vous un flic de seconde zone. On ne peut rien changer à tout cela, chacun son carma et puis les diamants sont éternels, quant à vous ?

 

  • -         Bien dit répliqua le petit lézard qui venait porter plainte pour vol. on lui avait subtilisé sa peau. Il cherchait donc le tailleur de pierre qui de temps à autre pouvait aussi tailler les costumes.

 

Les institutions ne changeraient probablement pas les hommes, mais les tailleurs pouvaient rhabiller les lézards.

 

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Publié le par margimond

De la tournante de l'information

 

 

Lancinante

Obsédante

Elle s'agite

Elle donne de la gîte

comme un poulet sans tête

Brouillant des cartes replètes

Elle tourne en rond

l'information

Bonheur

Malheur

Mélange torpeur

La douche écossaise

Ne vous déplaise

Tremblez braves gens

Réjouissez-vous

Mais jamais trop longtemps

On est là, la,la,la

Une petite pub

Et on vous revide le bulbe

Vous connaissez la chanson

Celle du petit mouton

Premier de cordée

premier de corvée

Travaillez

Prenez de la peine

Ce n'est pas moi qui le dit

C'est Monsieur de La Fontaine

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Publié le par margimond

Conte rendu

 

Ça tourne

En large

En long

Pas très rond

Et ron et ron

Petit patapon

Les bergères gardent encore les moutons

 

Sur un certain pont d'Avignon

Des messieurs font la cour

A des dames en cavale

Avignon n'a plus de bal

C'est le festival du mouton cannibal

 

Ça tourne

De moins en moins rond

Contrefaçon du son   

Le cœur n'y est plus

La magie est rompue

 

Arrêtez la musique !

 

Voilà bien des années que le disque est rayé

La cire a fondu,

L'aiguille est émoussée

Le mécanisme usé

Dans son vieux meuble abîmé

Sans même poignée pour le transporter

Le trimballer dans un ailleurs meilleur

Où Les messieurs font encore comme ça

Et les belles dames aussi

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Publié le par margimond

Tuer le temps - margimond

 

 

Salle d'embarquement, 3h du mat', le temps s'est arrêté depuis la propagation de ce maudit virus. Mal dormi, aucun ressort ce matin, mise à part celui de la banquette qui m'a brisé les reins. Pas d'avion programmé pour mon retour. Je vais devoir tuer le temps. Mais cette simple action dans l'inaction est rendue difficile depuis que les armes sont interdites dans les bagages à main.

 

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