Voyage en Dévoyage
Ceux qui aujourd'hui sont au pouvoir
Celles qui aimeraient y accéder
Celui qui aime celle
Celle qui aime celui
Celles et ceux pour qui la poésie est tout
Ceux qui ont préféré les sciences
Celles qui auraient tant aimé savoir lire et écrire
Celles et ceux qui mouraient pour des idées
Ceux qui brûlaient les hérétiques
Celle qui hier a cueilli la pomme sans voir le serpent
La nuit est encore là
Vos esprits errent dans vos corps trop souffrants
Tenir
Tenir la mort à distance jusqu’à l’aube naissante
Tard
Les blouses blanches ne sont déjà plus que quelques ombres furtives.
Les bruits du jour résonnent doucement dans les couloirs blafards
Tenir
Mortels apeurés par la venue de l’obscurité
Vous cherchez votre soleil disparu
Vous laissez votre regard traverser les murs
Très loin
À jamais hors du temps
Hors de l’espace
Vos souvenirs transpirent dans le présent
Un autre monde
Un autre univers
Un réel différent.
Silence
Un râle déchire la nuit
Ailleurs un autre
De nouveau le silence
Quelques âmes peut-être auront trouvé le repos
Le jour se lève quand même
L’obscurité s’enfuit sans hâte
La mort à ses basques.
Le soleil se lève timidement
Comme s'il voulait s’excuse d’entrer comme ça
Presque par effraction
D’ultimes lambeaux obscures s'accrochent
Aux aspérités d'un jour naissant
Attendant la nuit avec délectation
Avec le départ du dernier visiteur
L'Hermione sur les quais de Rochefort Août 2017
Je n'ai rien écrit, depuis si longtemps ma page est restée blanche. j'ai jeté l'encre, brisé la plume de la mouette qui s'est envolée au large avec mes histoires de dévoyage. La mer est d'huile et le bateau à quai. Ses voiles faseyent encore. Mémoire de vents. Ses vieux gréements gémissent. Imploration ? J'étais parti pour une expédition terrestre. J'ai vu des routes rapides, des chemins dits "de traverse", aussi, des voitures, des caravanes, des valises, des sacs à dos, des rêves de corps de rêve, des corps d'Eve ramollis par un soleil sans trêve et sans autre rêve que veiller sur des châteaux de sable que le ressac viendra détruire à marée montante. Du sable, mais rien pour le voyage... La page est restée blanche, les mots suspendus au mât.
Mémoire des vents réconciliés, la mouette a repris sa place sur la vigie du beaupré... la houle clapote sur la coque, l'encre se soulève. Tout est toujours à recommencer.
Rassurez-vous, pour faire cette photo, il m'a fallu quelques copains... je remercie Jérome et ses potes.
Il était une fois, il y a bien longtemps... Ça, c'était mon premier conte, lorsque j'ai commencé à travailler du chapeau CAC.
Je m'étais dit, quand je serai grand, j'aurai plein d'argent, j'en mettrai partout, en Suisse, au Luxembourg et même au bout du monde, dans des îles paradisiaques toujours au soleil et surtout à marée haute pour éviter les découverts trop fréquents.
Mais, aujourd'hui, transparence oblige, mon conte n'est plus qu'une histoire ancienne. Un compte fermé à tout jamais, une histoire à l'emporte-pièces comme autant en emporte le vent quand on a eu la mauvaise idée de vouloir traverser le CAC de Bonne Espérance.
L'attaque s'est déroulée aux alentours de 16 heures, en plein cœur de Monaco. Une bijouterie de luxe de la marque Cartier, située place du Casino, au centre de la principauté, a été la cible, ce samedi 25 mars 2017, d'un braquage. L'ensemble du quartier a été bouclé. Aucune prise d'otages n'a eu lieu et aucun blessé n'est à déplorer, comme l'a confirmé le centre de presse du gouvernement princier.
Pendant que j'arpentais les rues à la recherche de nourriture dans les poubelles de mon quartier, quatre suspects étaient arrêtés dans un autre Cartier, pas celui de Jacques, ni de Mohamed mais celui de Monaco. Autre style, autre monde, loin des poubelles de mon pauvre quartier à moi. La nourriture se faisait toujours plus rare. Son abondance était paraît-il inversement proportionnelle au pouvoir d'achat des français, si, si, même vos poubelles sont en étroite corrélation avec les règles de l'économie mondiale.. tant prônées par le nouvel empereur, celui du "beau libéralisme réenchanté", celui qui croit encore que la Guyane est une île. Celui là, il faudra peut-être lui éviter le ministère des DOM-TOM.
Mes repas n'étaient plus de première fraîcheur, les morceaux étaient vieux et rancis... Qui va s'occuper des vieux et rancis, un vrai casse-tête économique, pire encore que de vouloir se nourrir malhonnêtement grâce aux diamants du beau Cartier de Monaco. Ça sera des maisons spécialisées pour les uns, pour d'autres, ça sera des budgets consacrés au minimum vieillesse. Minimum, oui, ça suffit bien, car un vieux, ça vit peu et ça vit de peu. Il ne faut pas sortir de Saint-Syrie pour comprendre ça. Je souhaite quand même qu'ils n'en arrivent pas à se nourrir de leurs propres poubelles marrons, car moi, je boufferai quoi ?
A ce qu'on dit, la Syrie a déjà anticipé le Papy-boum... Papy-boooummm ! Tiens, c'est marrant ! même si, à première vue ça semble un peu radical. C'est quand même une idée, brillante, mais pas autant que le diamant. Papy...BOOUM ! voilà une idée qui ne doit pas déplaire à la Marine... haaa, les dégâts de la marine, ça me rappelle d'étranges souvenirs, non, pas ceux où on me touchait le pompon, mais ceux où, nous étions 150 sur un Zodiac dégonflé à vouloir rejoindre les côtes bretonnes, Sainte-Syrie Coëtquidan. Un coup de rame de plus et on se retrouvait à Versailles, au salon de la navigation de loisirs qui va d'ailleurs fermer ses portes bientôt, je vous le rappelle. Dépêchez-vous, ils font des soldes folles : -3% sur les petits voiliers de plus de 250 000 €.
Sous la lumière des réverbères, je fouillais encore les dernières poubelles marrons, celles qui étaient sensées ne contenir que ce qu'ils appellent les déchets ménagés (voire réaménagés pour une utilisation ultérieure), en un mot, "le comestible si t'as l'estomac indestructible". T'as pas l'choix, poubelles bleues pour les cartons protecteurs, poubelles marrons pour le casse-croûte. Quant au container pour le verre, rien de bien intéressant, que des bouteilles vides, de la silice, mais, malheureusement, pas de carbone !
Bon, il va falloir que je trouve quelque chose à bouffer avant que Trump ne remette son oléoduc dans les tuyaux.
Une photo que j'aurais aimé avoir prise ! Je n'ai pas encore le matériel qui va bien, alors ce sera une photo empruntée sur Internet ![]()
"Il me semblait que nous avancions dans un nuage de propos, une nébuleuse grandissante, une agitation insensée".
Cette phrase, quelque peu absconse, extraite d'une de mes lectures, "Quitter Paris" de Paul Valérie, m'obligea, au risque de perdre la face, voire la tête, à repenser cette vague idée.
Arriva un nuage de propos
proposé sans quiproquo
Bien avant que Coco
Ne mette la nébuleuse à vau-l'eau
Et les propos dans un seau d'eau
L'agitation insensée
des molécules excitées
donnait un sens C
A la courbure du passé...
Ça va mieux , non ?
Ha ! Yes, I like !
Comme chaque dimanche, seul dans mon salon bien trop grand, assis devant mon bol trop petit, je verse avec délectation l'eau bouillante sur ces petits doigts qui se tordent de douleur, avant de prendre une jolie teinte rosée, pour enfin se retourner en un pop joyeux qui apporte tant d'énergie à mon égo matinal.
Le petit déjeuné consommé, un étrange sentiment de vacuité me dit que ça va être encore un sacré dimanche de merde.
Image composée avec un dessin gentiment prêté par Cyrielle, blogueuse équestre et... fameuse dessinatrice !
Un vieux cheval de retour rentrait à l'écurie
Pour y finir sa vie
Sur le chemin-automne
Aux couleurs mordorées
Qui déjà fredonne
Celles de bientôt l'été
Le cheval croisa un mort doré
Un vrai un dur un tatoué
Traînant ses chaines
de glands en frênes
Et de charmes en chênes
Le mort brillant
Breton bretonnant
Bien décidé à se faire traîner
à travers la forêt des fées
Pour ménager ses vieux os fatigués
Sans frais ni bourse déliée
Le vieux sac d'os
Enfourcha la vieille rosse
Qui aussitôt s'écroula
Et jamais ne se releva
Moralité :
Même un mors doré ne rend pas le cheval meilleur
(Et ce n'est pas Cyrielle qui me contredira)