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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

Un reste d'humanité

 

Tous les matins, plein de courage, je me lève... je mets le lave vaisselle et la machine à laver en marche, je programme l'aspirateur pour la configuration du salon, je fais de même dans le jardin avec la tondeuse, je jette un bref coup d’œil à l'application idoine de mon téléphone portable pour m'assurer que tout ça fonctionne bien... et il me reste toute la journée pour m'emmerder !

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Publié le par margimond

Haïku: La pluie dans l'infiniment grand et l'infiniment petit

 

Jolie Geisha

Reçois toute la pluie du ciel

Sur ton ombrelle

Quelques gouttes en cascade

Se perdent dans la rivière

*

Une goute de pluie

sur ton petit nez

ton visage illuminé

*

La rose du matin

Allume les étoiles

Le soleil se couche

 *

Dans la flaque d'eau

Le soleil et la lune

occupent tout l'espace

*

 

 

 

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Publié le par margimond

A

 

vant de rejoindre les nouveaux locaux du 36, l'inspecteur Brod avait décidé de se mettre un peu au vert. Il l'avait bien mérité après son enquête rondement menée à Saint Crochemet-les-Biseux, bien que sa hiérarchie n'avait pas le même discours.

Une petite maison dans la forêt en plein milieu du moyen-âge, voilà ce qu'il lui fallait avant de quitter définitivement le local qui lui servait de bureau, sous l'escalier qui mène à la cantine.

Son chapeau, sa gabardine et son fidèle sig-sauer dans sa non moins fidèle poche trouée,  il était fin prêt.

 Position du "commissaire en pleine réflexion sur l'enquête en cours" ou plus exactement l'art de ne pas se faire prendre à rien faire tout en ne faisant rien... Oui, l'art, car s'en était un. Quand la technique est bien maîtrisée le voyage devient presque immédiat. vingt trois ans au Quai des Orfèvres, c'est formateur ! Il lui suffit de fermer les yeux et de se laisser transporter...

...Une vieille maison de paysan perdue dans la forêt...L'humidité lui glace les os, mais le pire, c'est cette odeur putride impossible à situer précisément, juste que ça semble venir de la forêt et que ce ne sont pas ses chaussettes. L'œil affuté du "flic en mission" ne faillit jamais, même en vacances au cœur du moyen-âge. Rapidement, il repère des mouvements derrière le tas de bois. L'instinct du flic faisant foi, il tire son sig de sa poche. Le canon de l'arme coincé dans la doublure peine à sortir. Brod doit arracher la poche pour finaliser le mouvement. Le tir est sec et rapide. Une tuile qui n'a rien demandé se décroche de la toiture, lorsque la balle la fait exploser. Elle en entraîne plusieurs autres dans sa trajectoire, dont une qui a choisi le chapeau de Brod comme point de chute. Lorsque la tuile atteint son objectif, Brod comprend que le tas de bois n'en était pas un.

 

 

Les vacances de l'inspecteur Brod

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Publié le par margimond

Le p'tit cochon

 

Tu écris comme un cochon m'a t-on dit. 

Pauvre cochon, cessons de le mettre en boîte, ça doit être dur pour lui d'écrire comme moi, faire des pattes de mouche avec son pieds de porc et sa queue en tire-bouchon pour écrire droit.

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Publié le par margimond

Dépot de plaintes

 

Au service d'ordre, c'était le désordre, Y'en avait partout, dans son bureau, dans  les pièces annexes, jusqu'à dans le couloir. Brod le flic, les rangeait par taille, d'abord les p'tits pots, ensuite les plus grands. Pas facile pour un flic foutraque. Même s'il n'était pas totalement fada, il était quand même un peu fêlé. Le pot de fer contre le pot de terre... Il n'avait pas eu le dernier mot sur ce coup là.

Dans son foutoir, les p'tits pots de plaintes, ficelés ensemble, formaient un grand dépôts des possibles.

Il devait faire un tri. Avec efficacité, il avait monté un fichier qu'il nomma "des pots tri. L'inspecteur craignait une inspection !

Les plaintes en pot s'alignaient :

quatre sans coup fait rire, pas drôle ;

étranger effronté ;

fouille au corps ;

fouille encore ;

écoliers en colères ;

lycéens révoltés ;

féministe en fugue ;

fugueuse en Ferrari ;

Ferrari à la fourrière...

Ha !

Là, il laissera faire Harry, son collègue de la fourrière.

Toutes ces plaintes à la con, furent nommées complaintes pour un poulet en potée.

 Sa journée terminée, exténué mais surtout assoiffé, il alla boire un pot dans un bar, le seul dépôt de pintes dans la région de Villepinte (93)... Demain, il réfléchira sur des pots de bilan.

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Publié le par margimond

Miroir

L’odeur de ton corps

Dans la touffeur de l’été

Dans les draps défaits

 

Dans ton regard étrange

Dans les bruits de la rue

Je me suis vu

 

Je ne sais rien de toi

Seulement ta présence

Près de moi

 

Nous dans cette chambre

A peine éclairée

Eux dehors

 insouciants

Dans la lumière de l'été

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Publié le par margimond

Voyage à rebours

Ceux qui aujourd'hui sont au pouvoir

Celles qui aimeraient y accéder

Celui qui aime celle

Celle qui aime celui

Celles et ceux pour qui la poésie est tout

Ceux qui ont préféré les sciences

Celles qui auraient tant aimé savoir lire et écrire

Celles et ceux qui mouraient pour des idées

Ceux qui brûlaient les hérétiques

Celle qui hier a cueilli la pomme sans voir le serpent

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Publié le par margimond

Couloir de nuit

La nuit est encore là

Vos esprits errent dans vos corps trop souffrants

Tenir

Tenir la mort à distance jusqu’à l’aube naissante

Tard

Les blouses blanches ne sont déjà plus que quelques ombres furtives.

Les bruits du jour résonnent doucement dans les couloirs blafards

Tenir

Mortels apeurés par la venue de l’obscurité

Vous cherchez votre soleil disparu

Vous laissez votre regard traverser les murs

Très loin

À jamais hors du temps

Hors de l’espace

Vos souvenirs transpirent dans le présent

Un autre monde

Un autre univers

Un réel différent.

Silence

Un râle déchire la nuit

Ailleurs un autre

De nouveau le silence

Quelques âmes peut-être auront trouvé le repos

Le jour se lève quand même

L’obscurité s’enfuit sans hâte

La mort à ses basques.

Le soleil se lève timidement

Comme s'il voulait s’excuse d’entrer comme ça

Presque par effraction

D’ultimes lambeaux obscures s'accrochent

Aux  aspérités d'un jour naissant

  Attendant la nuit avec délectation

Avec le départ du dernier visiteur

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Publié le par margimond

Tuer le temps

Salle d'embarquement, 3h d'attente. Je vais devoir tuer le temps.

Mais cette simple action dans l'inaction est devenue impossible

depuis que les armes sont interdites dans les bagages à main.

 

 

 

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Publié le par margimond

L'Hermione sur les quais de Rochefort Août 2017

Je n'ai rien écrit, depuis si longtemps ma page est restée blanche. j'ai jeté l'encre, brisé la plume de la mouette qui s'est envolée au large avec mes histoires de dévoyage. La mer est d'huile et le bateau à quai. Ses voiles faseyent encore. Mémoire de vents. Ses vieux gréements gémissent. Imploration ? J'étais parti pour une expédition terrestre. J'ai vu des routes rapides, des chemins dits "de traverse", aussi,  des voitures, des caravanes, des valises, des sacs à dos, des rêves de corps de rêve, des corps d'Eve ramollis par un soleil sans trêve et sans autre rêve que veiller sur des châteaux de sable que le ressac viendra détruire à marée montante. Du sable, mais rien pour le voyage... La page est restée blanche, les mots suspendus au mât.

 Mémoire des vents réconciliés, la mouette a repris sa place sur la vigie du beaupré... la houle clapote sur la coque, l'encre se soulève. Tout est toujours à recommencer. 

 

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