Est passée pour me voir
Sa toile était toute noire
Normal pour un soir
Il faisait déjà très nuit
Dans mon jardin endormi
Voyage en Dévoyage
Est passée pour me voir
Sa toile était toute noire
Normal pour un soir
Il faisait déjà très nuit
Dans mon jardin endormi
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Impossible d'avancer, encore moins reculer. La chaleur m'aspire vers le sol, comme si la gravité avait doublé. Dans ma tête, tout est confus. Que faire aujourd'hui avec ma boîte de Vache Qui Rit ? Rire avec elle, impossible, il y a bien longtemps qu'elle a rejoint la fraîcheur des entrailles de la Terre et je suis sûr que la Vache Qui Rit rit encore. Un grand moment de solitude s'empare de moi… Cette semaine, pas de carte postale, son dos blanchit dès que je pose un mot, il s'étire, se déforme et disparaît aussitôt. J'ai de plus en plus chaud, et les vacances continuent…
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"Bon … on fait quoi aujourd'hui ? Si tu as un jour entendu ou dit ça, cette boîte est pour toi ! Elle regroupe 100 idées de trucs à faire à la maison ou dehors pour ne plus jamais s'ennuyer. Tire ton ticket, et enjoy !" dit la pub.
Descriptif
Génial, voilà ce dont j'ai besoin pour préparer mon prochain confinement climatique ! Une boite en papier aux dimensions réduites, donc très pratique, avec cents idées, rien que ça ! Pour moi qui n'en avais jamais eu plus d'une à la fois… j'ai une certaine propension à la " mono-tachéïte "
Cette boite est une pure petite merveille. J'ai même le choix de pratiquer "Que faire aujourd'hui" à la maison et " Que faire aujourd'hui "à l'extérieur. Pour ne pas faire un achat que je pourrais regretter, je lis quand même quelques avis pertinents :
-Très pratique et facile d'utilisation disait balez92.
-Idée trop top, pour une amie qui déteste s’ennuyer rétorquait Justine (pas celle du marquis de Sade*), celle-là, avait d'autres chats à fouetter.
-Toute la famille est extrêmement intriguée par les défis proposés, ajoutait Anonymous.
Convaincu, je like aussitôt... et je passe commande.
Venue de Chine par container, l'attente est interminable, un mois et demi environ. Durant cette période d'ennui, combien de fois me suis-je dit mais que faire aujourd'hui ?
Dès la livraison de la boite magique à 9,95 €, je me jette sur les tickets que je sors un par un, avec la fébrilité de l'aficionado, déçu quand même, par la brièveté des phrases :
-Montre tes talents d'écrivain ;
-écris un roman ;
-invente ton propre jeu de société ;
-construis toi une cabane dans les bois ;
-pars à la recherche des trèfles à quatre feuilles et des dahus.
…etc.
Il y en a cent comme ça !
L'option "extérieur" me semble superflue, puisque nous serons confinés.... J'ai donc téléphoné à la société qui les fabrique, à Pékin, pour ne prendre que l'option "à l'intérieur". Difficile de les joindre ! Lorsqu'enfin la ligne décroche après 17 mn et une communication au prix de 127,87€ l'appel, je suis tombé sur une IA qui est restée inflexible à mes supplications : Il n'y a pas d'option, ni de remboursement possible me dit-elle, avec un fort accent russe. Je suis donc obligé d'acheter les deux catégories. Dommage. J’aurais pu gagner 4,98 €.
Tout cela me rappelle bien des souvenirs, comme un air de déjà-vu.
Toutes ces idées ressemblent tellement aux résolutions que je prends chaque année en mangeant le foie très gras, le dindon trop farci et les chocolats écœurants. Tout ça sera noté dans mon journal intime, à la page des "Que faire aujourd'hui"... et comme il est intime, personne ne saura si mes promesses ont été tenues ou pas !
"Que faire aujourd'hui" avec cette boîte ?
Je vais la balancer sur le bon coin.
Comme je suis gourmand, j'ai vu qu'il existait une autre boîte à idées à 9,95€ "Que manger aujourd'hui ?".
Je vais peut-être me la commander.
* Justine ou les malheurs de la vertu : Le marquis de Sade
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Un dôme de chaleur sur la tête et la Terre craquelée sous les pieds.
La chaleur me pénètre, je la sens maintenant derrière mes yeux, dans mes tempes, jusqu’à dans mes pensées. Elle s’immisce doucement, mais profondément. Je cligne des paupières, c’est alors que je la vois.
Posée sur la terre brulée. Parfaitement incongrue. Une boite de vache qui rit.
Le carton se met à gondoler, les bords s’affaissent doucement, puis une pâte jaune coule pour disparaître aussitôt dans les crevasses du sol.
Le monde devait finir ainsi. Pas dans les flammes. Dans un lent dégoulinement de fromage fondu. Je n'avais pas vu venir cette pensée. Mais après tout, la planète n’était-elle pas une immense boîte fromage qu’un dieu fou aurait oublié au soleil, au cours de sa fuite ? Et si cette vache riait de nous depuis le début des temps ?
L’horizon blanchit encore et dans la lumière aveuglante de mes pensées, je sens mes certitudes fondre comme de la cire. Plus j'y vois clair, moins je reconnais le monde. La lumière ne dévoile pas les choses ; elle les dépouille de leur mensonge. Une question prend corps : Pourquoi la vache qui rit, rit ?
La vache folle, à la pâte molle et au cerveau tremblant ? La vache molle à pâte folle qui boite de nuit dans la boîte de Kiri ?
La vache à lait boule quand on la met en boîte et boite un peu aussi, quand on la met en boule.
Dans la nuit, même en boîte, tous les chats sont gris ! Qu’en est-il des vaches ? Une vache mauve en petits carrés, bien emballés dans du papier d’alu ? Une vache rousse ? Nom de Zeus ! Mais bien sûr, Larousse, l’amie de Robert … Comme toi je lait cru, Io, mais ne prends pas la mouche, quand on parle de la rousse. J’en perds mon latin, foi de génisse !
La vache rit, parce qu’elle est La Vache Qui Rit, tout simplement. Et quand elle ne rit plus, c’est peut-être que je lait frais un peu.
Je veille sur elle jusqu'à l'arrivée d'une nuit encore brûlante. Entre elle et moi, un accord silencieux semble avoir été conclu. Les vacances commençaient…
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Elle est péchée tout l'été
Sur de claires obscures
Pas facile pour une fille libérée
De passer de la mer au vert
Il n'y a qu'un pas
Un pas de plus
Vers
Le vert pâle
Vers
Un pas de rien
Un pas si facile
Si difficile parfois
Par votre foi
Pardonnez-la
Pour l'huitre en âge
Pour l'huitre en nage
Pour l'âge d'oraison
Raison d'une huitre en en âge
En âge de raison
Elle a soif de repaire
Elle se jette dans la mer
Pardonnez-la
Elle a le mal de mère
Elle donne le sein
A ses petits naissains
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C'est le temps des uns et le temps des autres. Le tien le mien peut devenir notre...
Aznavour ? Non, plus sérieusement, c'est quoi ?
C'est celui de la relativité générale, celui qui déforme l'espace et mes poches, mais c'est aussi le temps que je vais perdre à me demander comment je vais pouvoir l'occuper. Rhaa, sale temps cette canicule.
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Ce jour là, à l'église de Salem, lorsque le curée de Cucunian termina sa messe, vidant cul sec la burette de Saint-Estèphe - Que Dieu est eu son âme en cet instant-, Martine, qui ne participait que très rarement aux offices, s'offusqua du triste spectacle donné devant l'église. Le curée dévalait l'escalier en titubant, traînant avec lui le bénitier que Saint-Jacques, dit "la Coquille", avait rempli d'eau de Galice avant de partir pour une partie de pèche en Galilée. Dommage, le chemin de Compostelle ne passait pas par Cologne.
De rage, Martine ébouriffa le bénitier, ne pouvant atteindre le crane chauve du serviteur de Dieu qui n'en finissait pas de tomber, jusqu'à ne plus pouvoir descendre plus bas. La dernière marche en témoignait.
Écœurée par cette piteuse mascarade, elle voulait quitter la ville avant que sa mère ne tente son exercice ésotérique préféré : un vol de nuit avec ses copines du club.
Trop tard, sa mère arrivait déjà sur son balais... Il faisait presque nuit. C'était une belle nuit étoilée sur le Mont Chauve. Rimski- Korsakov dirigeait l'orchestre avec Brio.
Mais, personne ne sut jamais qui était Brio !
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Le temps ne compte pas
Il ne réclame, ni ne donne
Il passe
Sans traces de pas
Avec son aire de rien
Quand tout à commencé, nous étions depuis longtemps, déjà, sur le fil du rasoir. Il suffisait d'une petite chiquenaude pour que tout bascule. Donc, tout bascula. Comme une tartine beurrée livrée à elle même et aux lois de l'apesanteur, ça sera le côté beurré qui touchera le sol. Nous en étions là ! Pas grave me direz-vous, il suffit seulement de ramener la tartine à la raison... et sur la table, puis, essuyer le beurre étalé sur le sol et continuer son petit déjeuner, comme si rien ne s'était passé.
Ce n'est pas d'une tartine beurrée dont il s'agit, mais de notre propre futur. Nous ne pouvons indéniablement plus faire l'impasse sur ces instants quand le chaos s'emparera de nos destins. S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un, quelque part, pour emprunter ce chemin. Sans nous en inquiéter outre mesure, nous le savions déjà, mais l'histoire du passé ne fait pas l'avenir.
La fonte des glaces, les incendies, les inondations, les virus, le bruit des bottes, l'économie libérale échevelée et ivre de profit et de haine, tout cela baigne déjà dans une soupe primordiale, nous ramenant à notre condition de poussières d'étoiles.
Il est bien tard pour appuyer sur le bouton pause, rembobiner au maximum et tenter de recommencer.
Qui dirigera ce chaos, le hasard ou la nécessité ?