Voyage en Dévoyage
Affiche de la semaine de la francophonie 2015 : dis-moi dix mots que tu accueilles
En colonne, en ligne, à gauche, à droite
Les mots tapent du point sur la feuille pour se faire entendre
Il faut de la casse
Forger les caractères
Ne plus arrondir les angles
Un seul mot d’ordre : ne rien justifier
Ne pas mâcher ses mots non plus
Le maître-mot taillé comme un petit soldat de plomb
Prêt à fondre aux premiers rayons du soleil
Oblique vers la capitale
Les verts scandent des églogues
Tandis qu'en marge
Les rouges corrigent les erreurs du passé
La police tire des traits
A coup de stylo à pompe
Elle a le dernier mot
Le mot d'ordre s’écroule.
Les autres mots se signent
Les points de suspension ferment le cortège funèbre
Celui des mots disparus.
Les mots globulent in the blood.
Empruntée sur Internet. Référence : SPA 45 M 1037Photographe SPA : Albert Moreau
A quoi pense t-on lorsque l'on est dans l'Aisne, même par une magnifique journée d'un printemps si proche...
On pense, bien sûr à cette effroyable guerre qui fit 19 millions de victimes, à tous ces hommes, paysans, commerçants, ouvriers, pour la plupart, morts dans un conflit capitaliste dont ils ne connaissaient probablement ni les tenants ni les aboutissants.
On pense aussi à toutes ces ordures de généraux, qui savaient, eux, et leurs ribambelles de petits chefaillons près à sacrifier "leurs hommes" en espérant seulement une promotion de leur pouvoir.
On pense à toutes ces jeunes vies brisées, déchirées et perdues à jamais.
Nausée... Envie de vomir.
Mais aujourd'hui, le soleil est là, il me ramène à la réalité d'un XXIe... Où finalement pas grand chose n'a changé.
Nausée... Envie de vomir.
Le soleil est là, dans ce printemps en devenir. Essayer d'oublier ces instant de malaise. Les rayons du soleil éclairent ma carte IGN... Le petit symbole, là... J'y suis...
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Cette année encore, tu as décidé de défendre la cause féminine. Soit !
Ce qui est parfaitement louable de ton point de vue, puisque tu es une femme. Si j’en avais été une, j’aurais eu ton rôle. Dieu merci, cela n’est pas. Mais as-tu pensé un instant au calvaire que tu m’infliges durant cette infamante journée ? Chaque année, je dois subir cette humiliation, cette abjecte souffrance tant physique que morale : préparer le repas sous ton œil altier et triomphant ; éplucher les légumes ; cuire la viande ; mettre le couvert ; même faire la vaisselle. Tu ne m’épargnes rien !
Ne me regarde pas comme ça, tu vas me faire mourir de honte. Oui, bon sang, c’est ça ! Tu veux me faire mourir !
Voilà déjà trois mois que je redoute ce jour, j’essaie psychologiquement de m’y préparer. Voudrais-tu me voir consacrer les trois mois suivants sur le divan du docteur Freud ou pire, celui de Lacan ?
Arrête de glisser tes pieds sous la table en attendant que je te serve ! Ça m’énerve.
Ne me préfères-tu pas dans de plus augustes tâches : prier, faire la guerre, lire le journal, supporter le PSG en buvant des bières ?
Pourquoi vouloir avec tant d’acharnement troubler l’ordre cosmique ?
Comment ? Ce soir aussi, on inverse les rôles ? Tu ne veux plus jouer à ma petite esclave !
Là, vraiment, tu as dépassé les limites.
Je vous le promets, c'est la dernière volute ![]()
Ce matin, alerte au feu…ma boite à l'être est en alerte, réalité ou exercice ? Nul ne sait et chacun s’en tape... Et puis, il est encore tôt, j'ai à peine les yeux ouverts. Bon an mal an, on se prête au jeu qui n’en est peut-être pas un. Une heure sans travailler, même mal payée, c’est toujours ça de pris ! Alors, dans une panique tranquille, avec nos incertitudes et nos sacs, tout le monde descend…puisqu’on sait que la fumée monte. L’essentiel c’est de ne pas se croiser.
Avec la partie de mon cerveau - celle que je n’utilise pas pour regarder là où je mets les pieds - je pense… Donc, je suis. Et bien oui… Je suis de ceux qui sont sensés savoir où se trouve la sortie. Il faut toujours joindre l’utile à l’agréable. Dans le feu d’une passion brûlante qui ne me dévore pas encore, j’entends une voix, tandis que mes collègues s’égayent sur le trottoir, un à un au soleil déjà bien haut sur un horizon nouveau, puisqu’il est l’heure de l’apéro… Je sens qu'on va être encore en retard.
- margi… prends ton stylo… me dit la voix de garage. Tu sais le noir qui écrit bien, celui que tu as piqué hier dans l’armoire à fourniture pendant que les autres escagassaient en réunion. Cette réunion à laquelle tu n’as pas assisté d'ailleurs prétextant qu’il y en aura d’autres toutes aussi inutiles.
Alors j'ai pris mon stylo… le noir, celui qui écrit bien… Et j'ai écrit ça :
"Ténuité de la limite entre philosophie et file vite au psy"
Comme il est si souvent dit, il n’y a pas de fumée sans feu. Il serait donc fort légitime de croire qu’il y a un feu sans équivoque possible. Et bien non ! C’est même fort peu probable, car c’est au loin que j’aperçois la fumée. Et plus on va loin dans l’espace, plus on va loin dans le temps. Qui peut donc affirmer que malgré la présence supposée de la fumée ici et maintenant, qu’elle ne soit pas un effet rémanent dû à la vitesse absolue de la lumière ?
Pour faire simple : si elle a existé, existe-t-elle encore dans ce présent déjà passé ou ce futur pas encore là ?
Autre dilemme dû à l’interprétation anthropique et au sens pratique de l’humain pour les représentations conceptuelles que nous pourrions également nommées conceptualisations subjectives :
Au loin, j’aperçois la fumée… Mais, vois-je vraiment de la fumée ? N’est ce pas simplement l’évocation du mot fumée qui provoque en moi sa représentation, ou du moins celle que je m’en fais ?
Et cette représentation, correspond-t-elle à ce qu’elle est réellement ou bien est-ce la partie créatrice de l’esprit humain qui en a fait une image inexacte facile à interpréter et diffuser ?
Le seul moyen à mon sens de résoudre "Ça" pour trouver une réponse fiable, attestant cette hypothèse, la plus logique à son esprit reptilien, c’est d’attendre tranquillement l’arrivée des pompiers…