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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

 

Le sac à main

Elle plongea sa main dans le sac.

Affolés par cette brusquerie soudaine, les objets se précipitèrent d'eux-mêmes sur une table qui les accueillit sans joie. Que pouvaient-ils faire d'autre ces objets ? Les dés avaient été jetés,  et le secret dévoilé à la face du monde.

Le sac d'une femme, c'est sacré, c'est secret, c'est le passé, le présent, l'avenir. C'est l'utile et l'inutile, l'essentiel et le futile... C'est, le tout, contre le rien.

Les ombres depuis longtemps avaient disparu.

Il ne restait, dans l'obscurité, qu'une main perdue au fond d'un sac vide, posée sur une table bancale... et des objets brûlés par la lumière d'un mauvais jour.

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Publié le par margimond

Image : source Internet

 

 

Je chaussais mes vieilles baskets, sans mettre de chaussettes. Le voyage n'avait pas été tendre avec elles, elles n'avaient pas survécu, surtout lorsque les chaussures ne sont pas à la taille. Elles avaient aussi rendu leur âme... Depuis quand, et à qui en admettant qu'elles puissent encore avoir un dieu ? J'avais perdu la notion du temps. Le bateau, la traversée, la mer, la côte pourtant si proche, les cris, mes doigts griffant le sable, puis le silence, puis une soupe chaude. J'étais encore là.  J'enfilais mon vieux pull, cadeau d'un compagnon d'infortune. Il n'arrêtait pas la pluie, certes, mais il me faisait chaud. L'air était cinglant en ce mois de janvier. Quel temps pouvait-il bien faire là-bas... Un temps de chien, de feu et de sang. Il me fallait bien sortir de ce "chez moi" improvisé, me dégourdir un peu les jambes, pas facile de loger dans une si petite tente quand on fait presque 2 mètres. Ah, j'en aurais sûrement ri en d'autres lieux, en d'autres temps, sans les chiens errants dans une ville réduite au néant par le feu et le sang qui broyaient sans cesse ma tête. J'étais debout, j'étais toujours debout.

 

 

J'étais debout

Pavé prêt

Mer si loin

Maison de toile

Si froide

si chaude

Ici, là-bas

Trottoirs pavés

Pieds blessés

pensées oscillantes

battement des pas

Pensées figées

Papillons sur la fleur du pavé

Suis automate étranger

Étranger à ce monde

Étranges pensées

Que de chemins traversés

Devant ce soleil levé

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Publié le par margimond

No made

 

No made in Italia

No made in China

No made in the world

 

Nomade tout court

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Publié le par margimond

Semaine de la langue Française et de la francophonie : Dis moi dix mots

 

Dis-moi dix mots 2017-2018

Comme tous les ans, je participe à ma façon, à cette semaine de la langue française et de la francophonie.

Les dix mots de cette année, parlent d'eux-mêmes happy :

 Accent, bagou, griot, jactance, ohé, placoter, susurrer, truculent, voix, volubile.

 

 

Je les ai réuni pour faire une phrase, parce que les mots ne peuvent pas vivre seuls...

 

Ohé ? C'est un accent volubile susurrait le griot truculent, dont la jactance placotait vers la "voix" du bagou sans fin.

 

 

... Puis, je les ai ensuite mis, bien au chaud, dans mon dictionnaire...

 

Accent : Pointe de vitesse de la parole frisant la logorrhée sans risquer l'accident "accent à l'heure".

 

Bagou : Terme d'origine germanique pour signifier l'insipidité. Ex. Ça n'a pas gout.

 

Griot : Personne assise sous un arbre à palabres qui chante à tue-tête le temps des cerises.

 

Jactance : mot populaire fréquemment employé à l'époque des révoltes paysannes dans l'occident médiéval, dès que Jacques Cœur fut anobli par le roi Charles VII.

Lorsque Jacques réprimandait sévèrement les paysans, les bourgeois disaient :  Jacques tance. Quand les paysans se révoltèrent et ne payèrent plus leurs impôts, Ce fut une Jacquerie... Et Jacques ne ria plus.

 

Ohé :Interjection employée essentiellement dans la marine lorsque deux marins s'apercevaient dans un épais brouillard, sur le même pont d'un navire :

- Ohé du bateau

- Oh, eh, c'est moi, du con !

 

Placoter : se dit d'un paysage à deux niveaux. Il y d'un coté le paysage accidenté et de l'autre le plat côté. Jacques Brel en a fait une chanson : Le Placoter (français et flamand) qui est le mien.

 

Susurrer : Verbe qui signifie parler à voix basse tout en projetant des postillons en forme de S avec deux airs.

 

Truculent : Contraction de trou du cul pas très rapide.

 

Voix : Se dit d'une parole libérée. Ex. On peut y aller, la voix est libre.

 

Volubile : Personne en âge de convoler à des noces (cum volare) contrairement à nubile personne qui ne sait même pas voler toute seule.

 

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Publié le par margimond

Inspiré par cette photo de Simon Lefebvre  qui exposait non loin de chez moi, j'ai commis ce petit texte. Je tiens à remercier l'auteur de cette image pour son aimable autorisation à la publier sur mon blog.  

 

Avec ma vieille Mustang 350 GT, j'empruntais souvent la route 27 jusqu'à Counti Junction. En quelques minutes, j'étais sur le parking du Joe's boot shop. Après avoir gravit les trois marches, j'entrais dans le magasin et saluais le patron qui ne manquait jamais de me montrer ses dernières acquisitions. Bien sûr, il savait déjà sur quel modèle j'allais craquer. C'était comme un jeu entre nous. Il savait que j'aimais les bottes, celles en cuir d'autruche. Après quelques tractations difficiles, on se mettait d'accord sur leur prix, on se tapait dans la main, puis on allait arroser ça au Jeny'bar, On y faisait la fermeture. La nuit était tombée depuis longtemps lorsque je rentrais à la maison. Je peinais bien souvent à trouver le trou de la serrure.

Mais ça, c'était avant, avant que j'entende le satané klaxon de ce monstrueux Peterbilt, avant que je ne me souvienne plus de rien.

Aujourd'hui, j'habite seul à County Junction. Avec ce monstrueux fauteuil, j'emprunte souvent la route 27, mais sur un centaine de mètres, seulement, juste pour faire la fermeture du Jeny's bar. Je ne monte plus les trois marches du Joe's boot shop et puis, à quoi bon, je n'ai même plus vraiment besoin de chaussures.

 

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Publié le par margimond

Un reste d'humanité

 

Tous les matins, plein de courage, je me lève... je mets le lave vaisselle et la machine à laver en marche, je programme l'aspirateur pour la configuration du salon, je fais de même dans le jardin avec la tondeuse, je jette un bref coup d’œil à l'application idoine de mon téléphone portable pour m'assurer que tout ça fonctionne bien... et il me reste toute la journée pour m'emmerder !

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Publié le par margimond

Haïku: La pluie dans l'infiniment grand et l'infiniment petit

 

Jolie Geisha

Reçois toute la pluie du ciel

Sur ton ombrelle

Quelques gouttes en cascade

Se perdent dans la rivière

*

Une goute de pluie

sur ton petit nez

ton visage illuminé

*

La rose du matin

Allume les étoiles

Le soleil se couche

 *

Dans la flaque d'eau

Le soleil et la lune

occupent tout l'espace

*

 

 

 

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Publié le par margimond

A

 

vant de rejoindre les nouveaux locaux du 36, l'inspecteur Brod avait décidé de se mettre un peu au vert. Il l'avait bien mérité après son enquête rondement menée à Saint Crochemet-les-Biseux, bien que sa hiérarchie n'avait pas le même discours.

Une petite maison dans la forêt en plein milieu du moyen-âge, voilà ce qu'il lui fallait avant de quitter définitivement le local qui lui servait de bureau, sous l'escalier qui mène à la cantine.

Son chapeau, sa gabardine et son fidèle sig-sauer dans sa non moins fidèle poche trouée,  il était fin prêt.

 Position du "commissaire en pleine réflexion sur l'enquête en cours" ou plus exactement l'art de ne pas se faire prendre à rien faire tout en ne faisant rien... Oui, l'art, car s'en était un. Quand la technique est bien maîtrisée le voyage devient presque immédiat. vingt trois ans au Quai des Orfèvres, c'est formateur ! Il lui suffit de fermer les yeux et de se laisser transporter...

...Une vieille maison de paysan perdue dans la forêt...L'humidité lui glace les os, mais le pire, c'est cette odeur putride impossible à situer précisément, juste que ça semble venir de la forêt et que ce ne sont pas ses chaussettes. L'œil affuté du "flic en mission" ne faillit jamais, même en vacances au cœur du moyen-âge. Rapidement, il repère des mouvements derrière le tas de bois. L'instinct du flic faisant foi, il tire son sig de sa poche. Le canon de l'arme coincé dans la doublure peine à sortir. Brod doit arracher la poche pour finaliser le mouvement. Le tir est sec et rapide. Une tuile qui n'a rien demandé se décroche de la toiture, lorsque la balle la fait exploser. Elle en entraîne plusieurs autres dans sa trajectoire, dont une qui a choisi le chapeau de Brod comme point de chute. Lorsque la tuile atteint son objectif, Brod comprend que le tas de bois n'en était pas un.

 

 

Les vacances de l'inspecteur Brod

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Publié le par margimond

Le p'tit cochon

 

Tu écris comme un cochon m'a t-on dit. 

Pauvre cochon, cessons de le mettre en boîte, ça doit être dur pour lui d'écrire comme moi, faire des pattes de mouche avec son pieds de porc et sa queue en tire-bouchon pour écrire droit.

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Publié le par margimond

Dépot de plaintes

 

Au service d'ordre, c'était le désordre, Y'en avait partout, dans son bureau, dans  les pièces annexes, jusqu'à dans le couloir. Brod le flic, les rangeait par taille, d'abord les p'tits pots, ensuite les plus grands. Pas facile pour un flic foutraque. Même s'il n'était pas totalement fada, il était quand même un peu fêlé. Le pot de fer contre le pot de terre... Il n'avait pas eu le dernier mot sur ce coup là.

Dans son foutoir, les p'tits pots de plaintes, ficelés ensemble, formaient un grand dépôts des possibles.

Il devait faire un tri. Avec efficacité, il avait monté un fichier qu'il nomma "des pots tri. L'inspecteur craignait une inspection !

Les plaintes en pot s'alignaient :

quatre sans coup fait rire, pas drôle ;

étranger effronté ;

fouille au corps ;

fouille encore ;

écoliers en colères ;

lycéens révoltés ;

féministe en fugue ;

fugueuse en Ferrari ;

Ferrari à la fourrière...

Ha !

Là, il laissera faire Harry, son collègue de la fourrière.

Toutes ces plaintes à la con, furent nommées complaintes pour un poulet en potée.

 Sa journée terminée, exténué mais surtout assoiffé, il alla boire un pot dans un bar, le seul dépôt de pintes dans la région de Villepinte (93)... Demain, il réfléchira sur des pots de bilan.

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