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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

Liberté, égalité, distance sociale de sécurité

 

C'est la guerre a déclaré l'Empereur des français, la guerre des trachées. La trachée hit du moment c'est covid, classé 19e au Hit parade  depuis le mois de janvier. Ça va faire un carton cet été dans les boîtes de nuit.

Bon, je reviens au martial sujet qui nous intéresse: la guerre. On peut tout à fait survivre avec un bail honnête... au cas non, un canapé peut faire l'affaire. Des nouvelle du front: 36° 7, mais ça chauffe quand même. Pour nourrir l'étire, il faut ramper tout en brassant de l'air jusqu'au frigo pour s'emparer d'une corona et sans se mettre la pression, rappelez-vous le slogan de ce brasseur mexicain: "Miles away from ordinary" ("à mille lieues de l’ordinaire"), retourner confiner jusqu'au canapé pour affronter le néant, tout en évitant le respirateur à traîneau resté hoover. N'oublions pas que l'ennemi avance masqué, nous, pas.

C'est ça, l'héroïsme d'intérieur !

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Publié le par margimond

Quand coronus vira

Depuis le confinement, je ne me suis jamais levé si tôt...Faut dire que je suis toujours très occupé. Je mets le lave vaisselle et la machine à laver en marche (choix 14 et 17), je programme l'aspirateur pour la configuration du salon (le plus fréquemment choix 23), je fais de même dans le jardin avec la tondeuse (choix 27), je jette un bref coup d’œil aux applications idoines de mon téléphone portable pour m'assurer que tout ça fonctionne bien... et il me reste toute la journée pour m'emmerder !

Depuis une semaine, après mes programmations matinales, je traverse le couloir en courant et je sonne à ma porte...ça me fait un bien fou. Le jeu consiste à prendre un air très méchant tout en me demandant : mais qui peut bien me rendre visite à cette heure là ?

Soulagement bien sûr dès les premières sorties autorisées dans le monde de Covid (j'aurais préféré celui de Narnia dont la malédiction de la sorcière blanche ressemblait à une bonne blague de potache à côté de ce mini macron chef de guerre). Pas plus d'une heure autour de mon pâté de maison, ce qui me laisse largement le temps de surveiller mes applications. J'ai enfin pu renouer des liens sociaux avec le mobilier urbain de ma ville.  

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Publié le par margimond

Histoire des origines

 

Au début, il n'y avait rien

L'aurore naissante annonçait déjà

l'arrivée de l'humanité

Suivirent plus tard Play-Boy, Madame Figaro et Pif le chien...

 

USA

USB

Ensuite, plus rien...

 

 

Histoire des origines

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Publié le par margimond

Entrée fracassante

 

 

J'étais venu pour dire bonjour

Suis arrivé en pleine hiver

On ne choisit pas toujours

Le jour de son anniversaire

Le cordon en bandoulière

J'ai parcouru la Terre

Abusé par la lumière

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Publié le par margimond

De mes vacances

 

Journal de bord

7 juillet, an de Grâce 2018, température au sol 37°, 39 ressenti. Chaud.

 Évolution :

·       -184 hectopascal au nord de la planète, virant Ouest en fin de nuit,  vents mollissants 3 à 2. Mer peu agitée à calme ;

·       -Pression sanguine 12.7 à 13.8,  90 battements/minute ;

·       -Alignement soleil, Terre, Lune.

·       -Mars en conjonction avec la lune, les Perséides bien loin... et rien à craindre encore de la ceinture d'astéroïdes.

Une fenêtre imparable pour partir, si on ne ferme pas les volets pour éviter la surchauffe.

22 h 00, La température est infernale même si elle reste stable.

Le ronronnement du ventilateur assure  le refroidissement de l'engin... Tout est OK .

C'est l'heure du départ... 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, zéro...

Pleine conscience, pression sanguine 13.9, 230 battements/minute... C'est le stress. Ça va redescendre, ça fait toujours ça.

Les réflexions passées ou celles à venir défilent de plus en plus rapidement. Elles se mêlent, s'entrechoquent, explosent pour se

disperser peu à peu, telles des milliards d'univers-bulle, sans cesse en reconstruction. Mes pensées deviennent de plus en plus

ténues et finissent par disparaître complètement.

Mon corps s'apaise doucement, même si parfois quelques souvenirs s'invitent encore. Je les éloigne sans peine.

Je suis comme un funambule sur la ligne du temps. Autour de moi, rien que le vide et le silence, comme dans l'œil d'un cyclone qui

ne pourrait exister ici en l'absence de matière.

 

De mes vacances

 

Journal de bord Août 2018

Impossible de savoir quel jour nous sommes.

Combien ai-je parcouru d'années-lumière, je l'ignore. Je vois l'espace s'effondrer et le spectre lumineux se décomposer peu à

peu. Les photons sont rapidement dévorés les uns après les autres.

Je cherche le paradis dont on m'a si souvent parlé. Il paraît que là-bas, n'y a plus aucune souffrance et que les besoins et les

instincts les plus primaires n'existent plus. Qu'on est pour l'éternité dans une complète béatitude peuplée d'anges asexués.

Je pensais voir des cars entiers remplis de touristes bruyants sur un parking sans cesse en devenir, face au grand portail d'un

jardin d’Éden.

Mais rien de tout cela... Mon voyage aurait-il été vain ?

Je suis sur le bord d'un trou noir, face à l'effondrement de la matière et de la vie qu'elle contient. il n'y a rien autour de moi... ni

à gauche ni à droite, encore moins derrière. Le passé, c'est le passé ! On sait.

 

Journal de bord, derniers instants de flottement

  

Une soudaine sensation douloureuse causée par l'un de mes nerfs sensitifs me ramène brusquement à mon point de départ. Les

parsecs défilent, tandis que la ligne du temps s'inverse brusquement. Le présent m'attire.

 Mes pensées s'imposent à nouveau devant mes yeux grands ouverts... mon dos me fait toujours souffrir.

 Plus insistante, une pensée me rappelle qu'il va me falloir songer enfin à changer ce vieux canapé pourri sur lequel je me suis

allongé pour une petite sieste estivale.

On verra ça l'année prochaine, en août, tiens, c'est plus calme, il parait qu'ils sont tous partis...

De mes vacances

 

 

 

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Publié le par margimond

 

Le sac à main

Elle plongea sa main dans le sac.

Affolés par cette brusquerie soudaine, les objets se précipitèrent d'eux-mêmes sur une table qui les accueillit sans joie. Que pouvaient-ils faire d'autre ces objets ? Les dés avaient été jetés,  et le secret dévoilé à la face du monde.

Le sac d'une femme, c'est sacré, c'est secret, c'est le passé, le présent, l'avenir. C'est l'utile et l'inutile, l'essentiel et le futile... C'est, le tout, contre le rien.

Les ombres depuis longtemps avaient disparu.

Il ne restait, dans l'obscurité, qu'une main perdue au fond d'un sac vide, posée sur une table bancale... et des objets brûlés par la lumière d'un mauvais jour.

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Publié le par margimond

Image : source Internet

 

 

Je chaussais mes vieilles baskets, sans mettre de chaussettes. Le voyage n'avait pas été tendre avec elles, elles n'avaient pas survécu, surtout lorsque les chaussures ne sont pas à la taille. Elles avaient aussi rendu leur âme... Depuis quand, et à qui en admettant qu'elles puissent encore avoir un dieu ? J'avais perdu la notion du temps. Le bateau, la traversée, la mer, la côte pourtant si proche, les cris, mes doigts griffant le sable, puis le silence, puis une soupe chaude. J'étais encore là.  J'enfilais mon vieux pull, cadeau d'un compagnon d'infortune. Il n'arrêtait pas la pluie, certes, mais il me faisait chaud. L'air était cinglant en ce mois de janvier. Quel temps pouvait-il bien faire là-bas... Un temps de chien, de feu et de sang. Il me fallait bien sortir de ce "chez moi" improvisé, me dégourdir un peu les jambes, pas facile de loger dans une si petite tente quand on fait presque 2 mètres. Ah, j'en aurais sûrement ri en d'autres lieux, en d'autres temps, sans les chiens errants dans une ville réduite au néant par le feu et le sang qui broyaient sans cesse ma tête. J'étais debout, j'étais toujours debout.

 

 

J'étais debout

Pavé prêt

Mer si loin

Maison de toile

Si froide

si chaude

Ici, là-bas

Trottoirs pavés

Pieds blessés

pensées oscillantes

battement des pas

Pensées figées

Papillons sur la fleur du pavé

Suis automate étranger

Étranger à ce monde

Étranges pensées

Que de chemins traversés

Devant ce soleil levé

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Publié le par margimond

No made

 

No made in Italia

No made in China

No made in the world

 

Nomade tout court

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Publié le par margimond

Semaine de la langue Française et de la francophonie : Dis moi dix mots

 

Dis-moi dix mots 2017-2018

Comme tous les ans, je participe à ma façon, à cette semaine de la langue française et de la francophonie.

Les dix mots de cette année, parlent d'eux-mêmes happy :

 Accent, bagou, griot, jactance, ohé, placoter, susurrer, truculent, voix, volubile.

 

 

Je les ai réuni pour faire une phrase, parce que les mots ne peuvent pas vivre seuls...

 

Ohé ? C'est un accent volubile susurrait le griot truculent, dont la jactance placotait vers la "voix" du bagou sans fin.

 

 

... Puis, je les ai ensuite mis, bien au chaud, dans mon dictionnaire...

 

Accent : Pointe de vitesse de la parole frisant la logorrhée sans risquer l'accident "accent à l'heure".

 

Bagou : Terme d'origine germanique pour signifier l'insipidité. Ex. Ça n'a pas gout.

 

Griot : Personne assise sous un arbre à palabres qui chante à tue-tête le temps des cerises.

 

Jactance : mot populaire fréquemment employé à l'époque des révoltes paysannes dans l'occident médiéval, dès que Jacques Cœur fut anobli par le roi Charles VII.

Lorsque Jacques réprimandait sévèrement les paysans, les bourgeois disaient :  Jacques tance. Quand les paysans se révoltèrent et ne payèrent plus leurs impôts, Ce fut une Jacquerie... Et Jacques ne ria plus.

 

Ohé :Interjection employée essentiellement dans la marine lorsque deux marins s'apercevaient dans un épais brouillard, sur le même pont d'un navire :

- Ohé du bateau

- Oh, eh, c'est moi, du con !

 

Placoter : se dit d'un paysage à deux niveaux. Il y d'un coté le paysage accidenté et de l'autre le plat côté. Jacques Brel en a fait une chanson : Le Placoter (français et flamand) qui est le mien.

 

Susurrer : Verbe qui signifie parler à voix basse tout en projetant des postillons en forme de S avec deux airs.

 

Truculent : Contraction de trou du cul pas très rapide.

 

Voix : Se dit d'une parole libérée. Ex. On peut y aller, la voix est libre.

 

Volubile : Personne en âge de convoler à des noces (cum volare) contrairement à nubile personne qui ne sait même pas voler toute seule.

 

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Publié le par margimond

Inspiré par cette photo de Simon Lefebvre  qui exposait non loin de chez moi, j'ai commis ce petit texte. Je tiens à remercier l'auteur de cette image pour son aimable autorisation à la publier sur mon blog.  

 

Avec ma vieille Mustang 350 GT, j'empruntais souvent la route 27 jusqu'à Counti Junction. En quelques minutes, j'étais sur le parking du Joe's boot shop. Après avoir gravit les trois marches, j'entrais dans le magasin et saluais le patron qui ne manquait jamais de me montrer ses dernières acquisitions. Bien sûr, il savait déjà sur quel modèle j'allais craquer. C'était comme un jeu entre nous. Il savait que j'aimais les bottes, celles en cuir d'autruche. Après quelques tractations difficiles, on se mettait d'accord sur leur prix, on se tapait dans la main, puis on allait arroser ça au Jeny'bar, On y faisait la fermeture. La nuit était tombée depuis longtemps lorsque je rentrais à la maison. Je peinais bien souvent à trouver le trou de la serrure.

Mais ça, c'était avant, avant que j'entende le satané klaxon de ce monstrueux Peterbilt, avant que je ne me souvienne plus de rien.

Aujourd'hui, j'habite seul à County Junction. Avec ce monstrueux fauteuil, j'emprunte souvent la route 27, mais sur un centaine de mètres, seulement, juste pour faire la fermeture du Jeny's bar. Je ne monte plus les trois marches du Joe's boot shop et puis, à quoi bon, je n'ai même plus vraiment besoin de chaussures.

 

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