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Carnet de dévoyage

Voyage en Dévoyage

Publié le par margimond

Les derniers poètes

 

Tandis que le fleuve roulait ses ordres moraux, arrachant aux rives instables, les derniers lambeaux de dissidence, un vent libéral avait pris en force. Des rafales teigneuses arrachaient au libre arbitre ses derniers remparts, pour les disperser à travers les champs d'honneur.

Au milieu des eaux brunes se noyaient les derniers esprits éclairés. Leurs poumons s'emplissaient de la pensée unique à laquelle ils ne pourraient survivre.

Une lune blafarde crevait avec peine un ciel qui s'embrunissait peu à peu, jusqu'à se fondre avec les eaux fangeuses du fleuve.

Sur la rive, quelques poètes luttaient encore contre le déracinement. Ils se risquaient malgré le vent, à graver sur l'écorce des arbres à palabre, le mot Liberté. Mais la pointe émoussée de leur plume refusait toutes traces.

Le vent passa son dernier coup d'éponge et la Terre devint propre.

En contre bas, l'argent sale honora la fondation d'un village aux maisons toutes blanches et identiques. 

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Publié le par margimond

L'échappée belle

La clef de sol est tombée

Elle n’ouvre plus la portée

Fausse clef

Vrai soupir

Silence à quatre voix

ma non troppo

La larme est donnée

Staccato

Blanche-noire blanche-noire

Blanche-noire blanche-noire

Mi-fugue mi–raison

Une ronde de nuit s’est échappée d’un violon

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Publié le par margimond

Du bruit dans l'espace

Ne rien dire

Laisser l'espace se remplir de bruits

Laisser la vie remplir ce qu'il reste d'espace

Ne rien vouloir d'autre que le temps qui passe

Chasser l'honneur qui s'invite au bal de la vertu

Celui dont on se fout comme de notre première verrue

Celui dont on ne sait déjà plus rien

Dont on veut ne plus rien savoir

Au bras de Gaya

Entamer doucement un pas de danse

Juste un pas

Et on avance

L'amour se fout de la mort

Et la mort n'a rien à dire

Seulement se taire

Et laisser l'espace se remplir de bruits

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Publié le par margimond

Haïku et Tanka... Un jour de mai

Les larmes coulent

Sur les visages endeuillés

Le mort dans sa boite

 

Au Père Lachaise

le corps brûle doucement

Dehors le soleil

 

Le corps consumé

Les amis ont pleuré

Vilain mois de mai

 

Là, quelques amis

Serrés sous un parapluie

S'attardent un moment

 

Les souvenirs reviennent

Le soir s'en va lentement

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Publié le par margimond

Voyage au bout de la nuit 2

 

Ver géant aux yeux écarlates

Monstre  d'acier

 grisé d’obscurité

Extrait de la gueule des enfers

Tu ralentis et t’arrêtes dans la lumière

 

Le tracé est libre

Pas de désespoir sur ta voie

Aucune vie à dévorer

ce jour là

 

Tu ouvres tes flancs

Des carcasses vides en survie

S’y engouffrent rapidement

Les gestes sont lents mais aboutis

 

Flancs refermés

Souffle vital grondant

C'est le départ

Tu ramènes dans leur nuit

Des êtres innocents

Jusqu'à la porte d’Orléans

Où tout le monde descend

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Publié le par margimond

Cette image, quelque peu remaniée est l'œuvre de l'artiste français Henri miller. "L'Ecoute" est une sculpture en grès conçue en 1986. Elle est à Paris, non loin des Halles, devant l'église Saint-Eustache.

 

Les outils sont remisés

Les mots déposés

Le texte exhibé

Le rien du tout expulsé

La page s'engage

Dans une rage sauvage

Soudain le rien dit tout

Ses questions posées

Ses pensées exposées

Le message est transmis

Merci

 

L’auteure est fatiguée

Laissez-la reposer

Elle est si belle allongée

 

 

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Publié le par margimond

Si j'avais porté des lunettes roses...

Je suppose que j’aurais écrit des choses moins moroses que les petits poèmes en pose

Dans un cahier sans page

Nommé dévoyages

 

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Publié le par margimond

N'en fumez plus

Fini la clope

Fini l’E clope

Du tabac fumez seulement la carotte

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Publié le par margimond

Sans rien

 

Un amour sans fin

Un escargot sans coquille

Un homme sans couilles

Un raton sans laveur

Un paon sans sa roue

Un Hédoniste sans liberté

Un ciel sans étoiles

Une roupie de sansonnet

Un sonnet sans quatrains

Une églogue sans bergers

Un berger sans Justin Bridou

Une crèche de Noël santons

Une boite de conserve sans thon

Un p'tit blanc Sancerre

Une action sanction

Un chausson aux pommes sandale (sans faim)

Une botte de radis sandalette (sans petite faim)

Une botte santiag

Un zorro sans Diégo

Une femme sensuelle

Un sentiment

Sans partage

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Publié le par margimond

 

Instruction pour prendre le temps

Asseyez-vous sur un banc et prenez votre temps. Pas le Temps Absolu qui règne en maître sur l’univers, au côté de l’espace, entre la faux et le sablier, celui qui nous ramène sans cesse à l’heure ultime de notre inéluctable devenir.

Non ! Pas ce temps là, mais le temps tout simple avec un "t" minuscule. Un temps sur lequel on peut agir si on s’en donne la peine…et le temps.

Ne prenez pas non plus le temps des cerises, car il ne dure qu’un moment.

Prenez le temps nécessaire.

Ananké disait toujours :

- Prends ton temps, il faut que ce soit beau.

Alors, je le prenais, et quand il me manquait, je prenais celui des autres, aussi, ceux qui couraient sans cesse et sans raison.

- Le temps perdu ne se rattrape jamais me disaient ceux-là.

-  Soit, donnez-le-moi, leur répondais-je.

Ils me le donnaient toujours, sans perdre un instant.

Et moi, je prenais le temps de prendre le leur.

 

Faites comme moi, asseyez-vous sur un banc et avec le temps des uns et le temps des autres, regardez les courir.

Regardez-les perdre leur temps... pour gagner de l’espace.

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