Souvenir d'une histoire d'ours, d'une chanson douce que m'a chanté Cloé, très tard dans la soirée, en fumant le narguilé devant sa cheminée, couchés sur une peau de bête, un ours sans queue ni tête.
Elle croit comme moi aux ours qui naissent dans la touffe des mousses épaisses.
Oui, un ours qui vit sous la mousse, ça fout un peu la frousse ! Mais, c'est pire encore s'il est à vos trousses.
Pas le temps de regarder "o-u-r-s" dans les pages de La rousse qui déjà glousse et se trémousse devant le patapouf qui court à perdre souffle, sans jamais perdre pantoufles.
Je m'essouffle, je souffre... je suis dans la mistoufle.
Courir à perdre haleine pour échapper à l'ours-croquemitaine, cela en vaut-il vraiment la peine. La quête n'est-elle pas vaine ?
Je courrouce la lune rousse, la traitant de pignouf... me laisser moi, dans la brousse, sans même une part de couscous et un verre de Boulaouane dont je sens déjà les secousses... cous-cous...
Je suis toujours poursuivi par mon ours, à bout de souffle.
Dans ce barouf, je vois déjà le bord du gouffre qui m'attire et me repousse.
J'étouffe dans mon drap-housse...
Pouf, pouf, pouf ça sera toi le roi de la schnouf !
Aouuuf, ce n'était qu'un rêve de ouf !
Ma tête sur le pouf,
Je me rendors, en suçant mon pouce...