Elles m’exaspèrent !
Il y a la femme Hibou, reine de la raie torique.
Très chouette avec ses lunettes, la femme Hibou,
Quand elle ne se prend pas pour un traité de philosophie !
Femme à lunette… femme à … Becket …ou à … Genette.
Impossible d’aborder la chose !
Tu connais Dolto, p'tit con ?
Non ! Alors fiche Lacan !
Il y a la femme Genou
Assise sur un banc, les cuisses serrées, le tailleur strict.
Elle donne à manger aux pigeons
Elle a toujours donné à manger aux pigeons la femme Genou
Je la regarde.
Elle le remarque.
Je lui souris.
Elle fuit.
Jamais, sa jupe ne découvrira le haut de ses cuisses.
Il y a la femme Chou
Très belle plante la femme Chou.
Grande asperge teintée au carotène.
La « carotène » passée, mais bien conservée.
Ascète, bien souvent.
A deux, parfois à trois, si le régime l’autorise.
L’amour ? …Tout juste pour se raffermir les seins.
Il y a aussi la femme Pou
Une poitrine tombante de lassitude.
Sûre d’elle, dans son incapacité à ne pouvoir aimer
Autre chose qu’un vieux chat aigri.
Invisible, son image dans le regard de l’autre.
-Tu m’as bien regardé p’tit con !
- Pardonnez-moi, madame, mais… vos yeux…
Il y a la femme Bijou
Avec ses lunettes en écaille et son cerveau reptilien
Elle serpente dans les couloirs mondains.
Elle brille, elle babille.
Parfois même, elle se déshabille.
Qui n’a pas rêvé de la tenir en laisse ?
A condition qu’elle se taise.
Il y a aussi la femme Joujou
Qui rayonne lorsque s’éteignent les cierges.
Poupée qui se gonfle et se dégonfle aux rythmes des coïts
Elle s’épuise la femme Joujou
Prise de remords, elle met fin à ses jours
Et peut ainsi travailler seulement la nuit.
Et puis, il y a la femme Caillou
Au cœur de pierre.
Le regard minéral,
Le teint marmoréen
Accrochée à sa carrière
Elle monte, elle monte, la femme Caillou
Puis un jour… Plouf !
Pas même un ricochet.
Et le cœur de Pierre dans tout ça ?
Brisé !
Le cœur de Pierre.
Je hais les femmes d’exception nées plurielles sous X
Elles m’exaspèrent.