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    Je chaussais mes vieilles baskets, sans mettre de chaussettes. Le voyage n'avait pas été tendre avec elles, elles n'avaient pas survécu, surtout lorsque les chaussures ne sont pas à la taille. Elles avaient aussi rendu leur âme... Depuis quand, et à qui en admettant qu'elles puissent encore avoir un dieu ? J'avais perdu la notion du temps. Le bateau, la traversée, la mer, la côte pourtant si proche, les cris, mes doigts griffant le sable, puis le silence, puis une soupe chaude. J'étais encore là.  J'enfilais mon vieux pull, cadeau d'un compagnon d'infortune. Il n'arrêtait pas la pluie, certes, mais il me faisait chaud. L'air était cinglant en ce mois de janvier. Quel temps pouvait-il bien faire là-bas... Un temps de chien, de feu et de sang. Il me fallait bien sortir de ce "chez moi" improvisé, me dégourdir un peu les jambes, pas facile de loger dans une si petite tente quand on fait presque 2 mètres. Ah, j'en aurais sûrement ri en d'autres lieux, en d'autres temps, sans les chiens errants dans une ville réduite au néant par le feu et le sang qui broyaient sans cesse ma tête. J'étais debout, j'étais toujours debout.

     

     

    J'étais debout

    Pavé prêt

    Mer si loin

    Maison de toile

    Si froide

    si chaude

    Ici, là-bas

    Trottoirs pavés

    Pieds blessés

    pensées oscillantes

    battement des pas

    Pensées figées

    Papillons sur la fleur du pavé

    Suis automate étranger

    Étranger à ce monde

    Étranges pensées

    Que de chemins traversés

    Devant ce soleil levé


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